CGP : une partie de la clientèle privée veut chercher à réduire les inégalités

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Guillaume Lucchini, Associé Fondateur de Scala Patrimoine répond aux questions de Dessine-moi la gestion de patrimoine*.

Comment votre cabinet de conseil en gestion de patrimoine en est-il venu à la philanthropie ?

En partie grâce à sa clientèle haut de gamme, car nous nous situons sur le segment de la gestion de fortune et sommes proches dans notre activité d’organisation patrimoniale d’un family office, et en partie, grâce à des expertises comme celle de notre département des sportifs de hauts niveaux. À cela, s’ajoute des compétences humaines, telle que celle de Francis Charhon, ancien directeur général de la Fondation de France, avec qui je me suis associé pour monter le département philanthropie, Scala Mécénat. Celui-ci a rejoint notre carré d’experts il y a maintenant 2 ans pour répondre à une demande de nos clients et notamment des sportifs professionnels.
Le développement s’est fait par la suite naturellement compte tenu de notre proximité avec de nombreux acteurs comme l’association Premier de Cordée ou encore Mécénat Chirurgie Cardiaque. Désormais, nous intervenons dans l’univers de la philanthropie de deux façons, la première en aidant nos clients à réfléchir et à monter des structures dédiées et la seconde en conseillant plusieurs grands acteurs à buts non lucratifs dans leur gestion patrimoniale.

Quelles sont les motivations principales des clients philanthropes ?

Nous discernons deux types de clients, ceux qui souhaitent réaliser des dons et ceux qui recherchent une approche plus construite avec des projets plus lourds. Ces derniers doivent être accompagnés. Souvent à la tête d’un capital conséquent, à la suite par exemple de la vente d’une entreprise, le client attiré par la philanthropie a en tête un projet intéressant mais qu’il faut mettre en ordre. Les sommes en jeu sont importantes
à son niveau, mais elles paraissent minimes, comparées à la masse des capitaux engrangées par les grandes organisations internationales ou étatiques pour certaines grandes causes. Or, ce que recherchent nos clients, c’est de pouvoir mesurer l’impact de leurs engagements. Notre rôle consiste alors à monter des projets qui assurent la traçabilité et le chiffrage des sommes allouées dans les circuits philanthropiques qu’ils mettent en place. Concrètement, les clients sont heureux de savoir ce que leurs dons ont permis de financer. Le même comportement se retrouve en matière d’investissements ISR. Lorsque l’on investit dans des fonds labellisés, certaines activités correspondent à nos objectifs et d’autres non. Dans ce domaine, nous avons développé une application permettant aux épargnants de choisir véritablement des fonds qui correspondent à leurs envies.

Le fonds de dotation est-il accessible pour la clientèle patrimoniale ?

Oui, il s’agit du principal véhicule utilisé par les donateurs dans la mesure où il est beaucoup plus léger à mettre en œuvre qu’une fondation et permet, de la même façon, d’agir dans la durée. La dotation initiale est assez faible car celle-ci doit être au minimum de 15 000 € en numéraire.
Un peu comme une fondation, le fonds de dotation ne peut utiliser que les revenus de sa dotation pour servir la cause qu’il souhaite défendre. Pour que son impact soit important, il est conseillé de l’alimenter par des apports substantiels dont les intérêts servent à alimenter des actions spécifiques philanthropiques dans la durée.
Par dérogation à ce principe, les statuts du fonds de dotation peuvent prévoir la consommation de la dotation. Le fonds de dotation est alors dit consomptible et les fonds levés sont répartis directement et régulièrement sur des structures relais.
Lorsque le fonds de dotation est créé, je peux alors solliciter des donateurs, des proches notamment, qui y effectueront chaque année des versements et bénéficieront des avantages fiscaux accordés aux dons, à condition que les capitaux soient bien aiguillés par le fonds de dotation vers des structures d’intérêt général.

La période actuelle est-elle, selon-vous, favorable à un développement de la philanthropie ?

Concrètement la philanthropie est avant tout un engagement personnel pour une cause qui tient à cœur. Pour les jeunes générations d’entrepreneurs philanthropes, il s’agit aussi de défiscaliser en orientant leurs capitaux sur des actions de terrain. Pour le moment, la crise n’a pas encore modifié ces comportements, mais je pense que cela viendra. L’enjeu est important au niveau associatif pour diminuer l’impact social de la dépression qui s’annonce. Une partie de la clientèle privée aura à cœur de chercher à réduire les inégalités qui vont naître et éviter une crise sociale dont elle pourrait aussi subir les conséquences.
J’ajoute que dans ce domaine de la philanthropie, nous pouvons accompagner d’autres cabinets de CGP car il s’agit d’une vraie spécialité que nous avons envie de développer et de partager avec des confrères.
*Publication de l’ITW réalisé pour l’ouvrage diffusé en Octobre 2020 « Dessine-moi la gestion de patrimoine », produit par Vovoxx, Plateforme collaborative de production et de diffusion de contenus : Assurance, Banque, Epargne, Prévoyance.

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