La cybersécurité, première menace pour les dirigeants

La 12e édition du Global CEO Outlook de KPMG, menée auprès de 1 400 dirigeants de grandes entreprises dans 12 pays, place le risque cyber en tête des menaces pesant sur la croissance.

En France, les dirigeants se montrent plus prudents que leurs homologues internationaux, mais accélèrent leurs investissements dans l’intelligence artificielle.

À retenir

  • Dans le monde, 31 % des dirigeants désignent la cybersécurité et la sécurité des données comme la principale menace pour la croissance, 45 % ont accru leurs investissements dans ce domaine.
  • En France, le risque cyber arrive en deuxième position (28 %), juste derrière l’incertitude économique mondiale (29 %).
  • 72 % des dirigeants français font de l’IA une priorité d’investissement, contre 60 % un an plus tôt.

Le cabinet KPMG a publié le 15 octobre 2026 la 12e édition de son Global CEO Outlook. L’étude a été réalisée entre le 11 août et le 21 septembre 2026 auprès de 1 400 dirigeants d’entreprises réalisant un chiffre d’affaires annuel supérieur à 500 millions de dollars, dont un tiers dépasse les 10 milliards. Elle couvre 12 marchés (Australie, Canada, Chine, France, Allemagne, Inde, Italie, Japon, Pays-Bas, Espagne, Royaume-Uni, États-Unis) et 13 secteurs, parmi lesquels l’assurance, la banque et la gestion d’actifs. En France, 75 dirigeants ont été interrogés.

Le risque cyber en tête des préoccupations

À l’échelle mondiale, 31 % des dirigeants considèrent les risques liés à la cybersécurité et à la sécurité des données comme la principale menace pour la croissance de leur entreprise au cours des trois prochaines années. Suivent les incertitudes économiques mondiales (28 %), puis l’instabilité géopolitique et les pressions réglementaires (26 %). Près de la moitié des répondants (45 %) déclarent avoir augmenté leurs investissements dans la cybersécurité et la résilience numérique.

En France, la cybersécurité se classe au deuxième rang des menaces (28 %), juste derrière l’incertitude économique mondiale (29 %) et devant la résilience des chaînes d’approvisionnement (25 %). Les niveaux de préoccupation sont élevés : 99 % des dirigeants français se disent préoccupés par l’usurpation d’identité et la confidentialité des données, 93 % par leur vulnérabilité aux cyberattaques et 92 % par la détection et la prévention de la fraude. Ils sont 35 % à avoir renforcé les moyens consacrés à la cybersécurité et à la protection contre les risques numériques.

Une confiance plus mesurée en France

Les dirigeants français abordent les trois prochaines années avec davantage de prudence. 72 % se déclarent confiants dans l’avenir de leur entreprise, contre 84 % au niveau mondial. Leur confiance dans les perspectives de l’économie mondiale s’établit à 65 %, au même niveau que la moyenne internationale, mais en recul de 8 points sur un an pour les répondants français.

Les ambitions de croissance sont néanmoins maintenues. 69 % des dirigeants français anticipent une croissance annuelle de leurs résultats d’au moins 2,5 % sur trois ans. La progression moyenne attendue atteint 3,4 %, après 3,2 % en 2025, contre 3,6 % dans le monde.

Les choix stratégiques se font plus sélectifs. Alors que 71 % des dirigeants français ressentent une pression accrue pour assurer le succès à long terme de leur entreprise, 36 % envisagent des opérations de croissance externe d’envergure dans les trois ans, soit 8 points de moins qu’en 2025. Plus de la moitié privilégient désormais des acquisitions ciblées, contre 41 % l’an dernier.

Au niveau mondial, 47 % des dirigeants placent l’agilité et la prise de décision sous pression parmi les compétences de leadership indispensables. La capacité d’anticipation stratégique et de planification de scénarios est citée par 44 % d’entre eux, soit deux fois plus qu’en 2025 (22 %).

L’IA, priorité d’investissement en forte progression

L’intelligence artificielle reste une priorité d’investissement pour 79 % des dirigeants dans le monde, en hausse de 8 points sur un an. En France, la proportion atteint 72 %, contre 60 % l’année précédente : la progression est plus rapide que la moyenne, même si le niveau reste inférieur.

Les budgets suivent. 74 % des dirigeants français prévoient de consacrer plus de 10 % de leur budget d’investissement à l’IA au cours des douze prochains mois, contre 72 % au niveau mondial. 67 % anticipent un retour sur investissement dans un délai d’un à trois ans (71 % dans le monde).

Le passage à l’échelle reste conditionné à la maîtrise des risques. 69 % des dirigeants français jugent difficiles à gérer les enjeux éthiques liés à l’IA, l’étude y inclut notamment la confiance, les biais des jeux de données, la protection de la vie privée, la responsabilité, la transparence, la propriété intellectuelle et la désinformation. Au niveau mondial, 57 % les citent comme principal obstacle au déploiement. Par ailleurs, 64 % des dirigeants français accordent une attention accrue à la gouvernance et au contrôle des données dans un contexte de souveraineté numérique, contre 59 % dans le monde.

Côté ressources humaines, l’insuffisance des compétences constitue le premier défi pour 61 % des dirigeants français et 56 % de leurs homologues internationaux. En France, 57 % placent la formation des collaborateurs aux outils d’IA parmi leurs principales préoccupations.

La durabilité soumise à l’exigence de résultats

Les engagements en matière de développement durable se maintiennent, avec une attention plus forte portée à leur rentabilité. 63 % des dirigeants dans le monde déclarent en avoir renforcé l’intégration dans leur stratégie, contre 47 % en France. Aucun dirigeant français interrogé ne déclare toutefois avoir réduit ses efforts dans ce domaine.

29 % des dirigeants français privilégient la diffusion de ces initiatives dans l’ensemble de l’organisation, contre 14 % au niveau mondial. 79 % considèrent le développement durable comme pleinement intégré à leur entreprise et essentiel à sa réussite à long terme, contre 71 % en 2025. Dans leurs arbitrages, 74 % tiennent compte du coût et du retour sur investissement potentiel des initiatives. 64 % se disent confiants dans leur capacité à atteindre leurs objectifs de neutralité carbone d’ici 2030, une proportion identique à la moyenne mondiale.

L’IA introduit une nouvelle variable : 95 % des dirigeants français se préoccupent de son impact énergétique et environnemental, tandis que 81 % estiment qu’elle peut contribuer à réduire les émissions et à améliorer l’efficacité énergétique.

Le regard de KPMG

« Face à l’incertitude, les dirigeants ne renoncent ni à leurs ambitions ni à préparer l’avenir. Ils continuent d’investir dans leurs priorités stratégiques, de l’intelligence artificielle à la cybersécurité et à la durabilité, mais avec une exigence accrue de résultats. La capacité à renforcer la robustesse de leurs entreprises face aux risques est désormais l’enjeu principal », commente Marie Guillemot, présidente du directoire de KPMG en France.

Pour Mathieu Wallich-Petit, associé, membre du comité exécutif et Head of Client & Markets de KPMG en France, les dirigeants français

« privilégient des investissements mieux ciblés, des opérations de croissance externe plus mesurées et attendent des résultats concrets de leurs transformations ».

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