La prévention climatique est le seul pari gagnant

Un euro investi dans la prévention peut en économiser jusqu’à onze en dommages assurés. Le rapport annuel 2026 du Haut Conseil pour le climat chiffre, données à l’appui, le retour sur investissement de la prévention face au risque climatique, un argument que les assureurs ont tout intérêt à porter auprès de leurs clients et partenaires publics.

Eléments clés :

  • 1 € investi par le fonds Barnier génère en moyenne 3 € d’économies sur les dommages assurés à 50 ans, jusqu’à 11 € via les plans de prévention des risques
  • Selon la CCR, 1 € investi dans la prévention des inondations évite 3 € de dommages, et jusqu’à 8 € en intégrant l’effet de levier des financements locaux
  • Les plans de prévention des risques (PPR) n’intègrent pas encore la trajectoire de référence pour l’adaptation (TRACC)
  • Les zones exposées aux inondations par ruissellement restent largement absentes des PPR actuels

Face à la hausse continue de la sinistralité climatique, le rapport du Haut Conseil pour le climat rappelle une évidence trop souvent reléguée au second plan : la prévention reste le levier le plus robuste pour contenir la sinistralité future, et ce n’est pas qu’une posture, c’est un calcul économique documenté.

Un euro investi par le fonds de prévention des risques naturels majeurs, dit « fonds Barnier », génère en moyenne trois euros d’économies sur les dommages assurés à un horizon de 50 ans, et jusqu’à onze euros lorsqu’on prend en compte l’effet des plans de prévention des risques.

Sur le seul risque inondation, la Caisse centrale de réassurance avance un ratio comparable : un euro investi en prévention permet d’éviter trois euros de dommages, un chiffre qui grimpe à près de huit euros en intégrant l’effet de levier des financements locaux.

Ces chiffres pourraient à eux seuls justifier un basculement massif des priorités. Pourtant, le rapport pointe un décalage préoccupant entre ce potentiel documenté et la réalité des outils de prévention actuellement déployés.

Les plans de prévention des risques (PPR), qui structurent l’essentiel de la doctrine française en matière de prévention, n’intègrent pas encore la trajectoire de référence pour l’adaptation au changement climatique (TRACC), les études nécessaires étant toujours en cours. Plus problématique encore : les PPR actuels ne couvrent pas l’ensemble des territoires exposés, en particulier les zones menacées par les inondations par ruissellement, une lacune qui, selon le HCC, accroît directement les risques de pertes et de dommages futurs, dans un contexte d’intensification prévisible des pluies extrêmes.

Le rapport appelle en conséquence à un renforcement massif de la prévention comme levier prioritaire, mieux financé, mieux sanctuarisé et orienté en priorité vers les territoires à risque fort identifiés par la cartographie de la Caisse centrale de réassurance.

Il insiste également sur la nécessité de systématiser, après chaque catastrophe, les pratiques de reconstruction « mieux reconstruire » (Build Back Better), y compris directement dans les clauses des contrats d’assurance, plutôt que de se limiter à une remise en état à l’identique qui reconduit la vulnérabilité initiale.

Pour les assureurs et courtiers, ces données constituent un argumentaire solide, chiffré par une institution publique indépendante, pour promouvoir plus activement les démarches de prévention auprès de leurs assurés et de leurs partenaires territoriaux, la prévention n’étant plus seulement un supplément de service, mais un investissement dont le rendement, documenté noir sur blanc par le HCC, dépasse largement celui de la plupart des dispositifs d’indemnisation post-sinistre.

Nos derniers articles