Santé publique France analyse les maladies à caractère professionnel dans les banques et l’assurance entre 2009 et 2023. Les signalements y sont globalement plus faibles, mais la souffrance psychique apparaît plus fréquente.
Santé publique France publie une synthèse sur les maladies à caractère professionnel (MCP) identifiées chez des salariés des banques et de l’assurance dans le cadre du programme des « Quinzaines des MCP » entre 2009 et 2023. Ces MCP correspondent à des affections pouvant être liées au travail ou aggravées par celui-ci, sans être reconnues comme maladies professionnelles lors de la consultation. L’étude compare le secteur des banques et assurances, qui embauchait 3 % de la population salariée française en 2019, à l’ensemble des autres activités suivies par le dispositif.
Sur l’ensemble de la période, le taux de signalement de MCP est inférieur dans la banque-assurance que dans les autres métiers : 7,2 % chez les femmes et 4,6 % chez les hommes, contre respectivement 8,5 % et 5,7 % hors secteur. Cette tendance dépend toutefois des affections concernées. Sans surprise, les musculo-squelettiques (TMS) sont peu fréquents :1,4 % chez les femmes (contre 3,6 %) et 0,7 % chez les hommes (contre 2,7 %). Cette faible prévalence s’explique par un environnement de travail majoritairement sédentaire – 9 salariés sur 10 du secteur bancaire effectuent un travail de bureau, soit deux fois plus que dans les autres secteurs pour les femmes et trois fois plus pour les hommes que dans les autres activités – et par des emplois plus souvent pérennes.
À l’inverse, la souffrance psychique en lien avec le travail est davantage signalée : 5,6 % chez les femmes (contre 4,2 %) et 3,7 % chez les hommes (contre 2,0 %). La composition des emplois contribue à cet écart : la banque-assurance compte plus de cadres que d’ouvriers, or les cadres sont davantage concernés par ce type de pathologies. D’autre part, la souffrance psychique liée au travail est nettement plus souvent signalée dans le secteur qu’ailleurs chez les 35-44 ans et les 45-54 ans.
Dans le secteur bancaire, les facteurs le plus souvent associés à la souffrance psychique relèvent des contraintes d’organisation et de management – surcharge ou sous-charge de travail, prescriptions hiérarchiques défaillantes, etc. –, tant chez les femmes (3 sur 4) que chez les hommes (4 sur 5). Ce résultat pourrait être lié à une organisation centrée sur la performance individuelle et les objectifs de ventes. La question des relations au travail et des violences, en particulier des rapports dégradés avec la hiérarchie ou les collègues, est aussi mentionnée comme source difficulté – les femmes y étant deux fois plus exposées que les hommes. Toutefois, ces situations restent moins souvent associées aux souffrances psychiques dans la banque que dans les autres secteurs.
Face à ce constat, Santé publique France appelle à renforcer la prévention dans le champ de la santé au travail, en ciblant notamment les contraintes d’organisation et de management, dans un secteur où la relation client, la transformation des modes de travail (services numériques, télétravail) et le cadre de régulation peuvent peser sur les équilibres professionnels.

