Après trois ans de progression marquée des faillites d’entreprises, 2026 pourrait ouvrir une phase d’accalmie. Les défaillances devraient augmenter seulement de 2,8 % dans le monde. Une « respiration plus qu’une amélioration », précise Coface.
Après trois années de hausse soutenue, les défaillances d’entreprises devraient encore augmenter en 2026, mais à un rythme plus modéré. Coface anticipe une progression mondiale de 2,8 %, portée par la détente progressive du coût du financement et un relâchement des conditions de crédit. Cette stabilisation apparente reste néanmoins précaire.
L’endettement demeure élevé, les marges sont sous pression et plusieurs secteurs continuent d’afficher une fragilité marquée, notamment dans la construction, la chimie et le textile. Dans ce contexte, Coface résume l’année à venir comme une pause davantage qu’un retournement.
En Europe, la trajectoire dépend fortement du coût du crédit. L’Allemagne afficherait +1 % en 2026, sur fond de tensions dans l’immobilier commercial et malgré des mesures de relance. Aux Pays-Bas, la hausse atteindrait 4 %, correspondant à un retour graduel vers des niveaux proches de l’avant-pandémie. La France et le Royaume-Uni seraient à +2 %, tandis que l’Espagne reculerait de 3 %, portée par une dynamique macroéconomique plus solide. L’Italie serait en baisse de 2 %, un mouvement attribué à des effets statistiques liés à la réforme de ses procédures.
En Amérique du Nord, les évolutions seraient contrastées. Aux États-Unis, Coface prévoit +4 % : les entreprises continuent d’absorber des hausses de droits de douane et un ralentissement économique. Le Canada se distinguerait avec un recul estimé à 5 % après un cycle prolongé de hausse. En Asie-Pacifique, le Japon resterait sous contrainte, avec +7 % dans un environnement de taux durablement plus élevés, tandis que l’Australie serait proche d’un plateau à +0,5 %. Ces écarts illustrent le poids des chocs locaux, monétaires, sectoriels ou de réglementation, dans la formation des tendances.
Le scénario central repose sur une baisse régulière des taux. Jonathan Steenberg, économiste pour le Royaume-Uni et les pays nordiques chez Coface, prévient toutefois : « Si les taux venaient à se détendre moins vite qu’anticipé alors la stabilisation disparaîtrait immédiatement. » Selon Coface, un relèvement de 25 points de base des taux d’emprunt suffirait à faire remonter la hausse des défaillances mondiales autour de 4-5 % en 2026. Un choc qui toucherait particulièrement les économies européennes, plus exposées aux dettes à taux variable.
Article écrit selon CP.

