En hausse continue, l’absentéisme atteint 5,9 % au premier semestre 2025. Le dernier baromètre de Verlingue met en lumière un phénomène durable, aux impacts sociaux et économiques croissants pour les entreprises.
Le 8ᵉ Baromètre Verlingue de l’Absentéisme confirme une tendance installée. Au premier semestre 2025, le taux d’absentéisme s’établit à 5,9 %, soit une progression de +7 % sur un an et de +12 % en deux ans. Cette évolution s’inscrit dans un contexte de transformation du rapport au travail, de la santé et de l’organisation des entreprises, faisant de l’absentéisme un enjeu central pour la performance et le climat social.
La hausse concerne l’ensemble des catégories de salariés. Les arrêts courts, d’une durée de un à sept jours, touchent particulièrement les jeunes, les femmes et les employés. Leur exposition atteint 19,8 % des salariés, avec un niveau nettement plus élevé chez les femmes employées de moins de 30 ans. À l’inverse, les arrêts longs concernent davantage les salariés de plus de 50 ans, les ouvriers et les femmes. Bien que moins fréquents, ils concentrent 71 % des journées d’absence et progressent sensiblement depuis 2023. Les cadres et techniciens agents de maîtrise, jusque-là moins exposés, voient également leurs taux augmenter, notamment chez les 25-30 ans.
Cette dynamique a un impact financier direct. Le coût de l’absentéisme progresse de +14 % sur un an, sous l’effet combiné des revalorisations salariales et de la réforme des indemnités journalières de la Sécurité sociale entrée en vigueur en avril 2025.
Plusieurs facteurs expliquent cette évolution. Le début de l’année 2025 a été marqué par un épisode intense de maladies saisonnières, entraînant une hausse des arrêts maladie. Parallèlement, les arrêts très courts continuent d’augmenter, en lien avec la généralisation de la téléconsultation qui modifie les pratiques de prescription. Les écarts sectoriels restent marqués, l’industrie, le transport et les services enregistrant les plus fortes hausses, tandis que le BTP se distingue par une légère baisse de la durée moyenne d’absence.
Des disparités régionales persistent également : l’absentéisme atteint ses niveaux les plus élevés dans les Hauts-de-France, en région PACA et dans le Grand Est, alors qu’il demeure plus limité en Île-de-France, en Bourgogne-Franche-Comté et en Occitanie.
Dans ce contexte, le baromètre met en avant l’importance de démarches de prévention, à commencer par la vaccination antigrippale, associée à une baisse d’environ 20 % des arrêts de courte durée dans les mois qui suivent. Il souligne également l’intérêt d’un pilotage RH renforcé, fondé sur des données consolidées pour mieux cibler les populations à risque. L’accompagnement des managers dans la détection précoce des signaux de désengagement, de surcharge ou de fragilité constitue enfin un levier déterminant.
Pour Jean-Marc Esvant, directeur général adjoint de Verlingue, « l’absentéisme est devenu un véritable marqueur du climat social et du niveau de santé des organisations. Les entreprises ne doivent pas rester seules face à ce phénomène : il est essentiel de passer d’une logique de constat à une logique d’action. »

