En consolidant dix années de sinistralité réelle sur plus de 3 000 établissements, Relyens publie, dans son panorama du 9 juillet 2026, des données pour affiner la connaissance du risque en assurance pour les établissements de soins. Un enjeu qui parle directement aux actuaires et souscripteurs du secteur.
Chiffres clés :
- 30 000 sinistres bâtimentaires et climatiques analysés
- Près de 10 ans de recul (période 2016-2025)
- 3 000+ établissements de santé et médico-sociaux concernés
- 180 M€ de dommages cumulés sur la période
Ce qui distingue le panorama publié par Relyens de la plupart des études sectorielles disponibles sur le marché, c’est d’abord sa méthode. Le communiqué le souligne explicitement : les données mobilisées « ne sont pas des projections, mais le reflet de sinistres réels survenus dans des établissements assurés par le groupe ». Sur une profondeur de près de dix ans, portant sur plus de 3 000 établissements et près de 30 000 sinistres, cette base constitue le premier état des lieux national de cette ampleur sur la sinistralité dommages aux biens des établissements de soins.
L’intérêt de cette profondeur temporelle permet de révéler des constantes invisibles à l’échelle d’un seul établissement ou d’une seule année de sinistralité. Le panorama identifie ainsi des causes qui se répètent, des vulnérabilités structurelles récurrentes, et une part significative de sinistres jugés évitables. Sans une telle profondeur de données resteraient masquées par la variabilité naturelle de la sinistralité observée établissement par établissement.
La méthodologie retenue croise systématiquement deux familles de risques : bâtimentaires et climatiques, avec deux axes d’analyse complémentaires : la fréquence, qui capte l’effet cumulé des sinistres du quotidien sur les budgets, et la gravité, qui isole les événements rares mais potentiellement dévastateurs pour la continuité des soins. Cette double lecture permet des constats à première vue contre-intuitifs, comme le rapport inversé entre fréquence et gravité observé sur l’incendie ou sur les inondations, invisibles dans une approche uniquement centrée sur le nombre brut de sinistres.
Pour les assureurs et réassureurs, cette initiative illustre un mouvement de fond du secteur : la donnée de sinistralité consolidée sur longue période devient un outil de pilotage permettant de sortir d’une tarification uniquement fondée sur l’historique individuel de chaque établissement pour intégrer des facteurs de risque structurels partagés par des profils d’établissements comparables, une approche qui gagnerait à être généralisée au-delà de ce seul segment.

