Un accident sur trois lié à la distraction, selon Allianz

Un accident de la route sur trois serait lié à la distraction, selon une étude Allianz présentée lors de son Motor Day. En cause notamment : les écrans tactiles des voitures connectées, qui détournent l’attention des conducteurs. L’assureur appelle constructeurs, pouvoirs publics et automobilistes à réagir.

Et si la voiture connectée créait un nouveau risque routier ? C’est le constat de l’étude dévoilée par le centre technique d’Allianz (AZT) lors de la 14e édition de l’Allianz Motor Day. Fondée notamment sur l’analyse de plus de 34 000 accidents, de tests en conditions réelles et de plus de 80 études scientifiques, elle établit que la distraction intervient, directement ou comme facteur contributif, dans un accident sur trois. Et pointe un coupable montant : les interfaces tactiles, qui multiplient les manipulations au détriment de la route.

Des écrans qui détournent le regard

L’étude met en cause l’ergonomie des écrans embarqués. Pour une même tâche, le temps passé le regard détourné de la route peut varier jusqu’à 25 %, soit environ trois secondes d’écart selon la conception de l’interface, alors qu’un regard détourné plus de deux secondes augmente nettement le risque d’accident. Les simulations sont éloquentes : lors d’un freinage d’urgence sur autoroute, le taux de collision passe de 18,2 % chez les conducteurs attentifs à 54,3 % chez les conducteurs distraits ; face à un enfant surgissant sur la chaussée, de 3,9 % à 11,2 %. Dans les scénarios testés, les conducteurs distraits obtiennent de moins bons résultats que des conducteurs simulés à 0,8 g/l d’alcoolémie.

L’enquête menée dans neuf pays, dont la France, révèle une attente claire : deux conducteurs sur trois souhaitent le retour de commandes physiques pour les fonctions essentielles à la sécurité. En France, 80 % jugent que les technologies embarquées ont accentué la distraction ces dernières années, 38 % ont déjà vécu une situation critique liée à un écran tactile, et 66 % réclament des boutons physiques (82 % chez les 18-25 ans). Les Français se montrent toutefois les moins enclins des neuf pays à s’estimer responsables de la réduction du risque (81 %, le taux le plus bas) et affichent le taux d’accidents le plus faible (12 % sur trois ans).

« L’enjeu est donc de mettre la technologie au service de la sécurité en aidant à prévenir les comportements à risque, avec des solutions simples, intuitives et qui permettent au conducteur de garder les yeux sur la route et les mains sur le volant. »  déclare Marielle Maréchal, responsable Prévention Routière d’Allianz France.

Trois leviers pour agir

Face à ce constat, Allianz formule trois demandes. Aux constructeurs, de rendre accessibles en permanence, par boutons physiques ou zones tactiles identifiées, les fonctions essentielles comme les essuie-glaces, clignotants et feux. Aux pouvoirs publics, de mesurer systématiquement le rôle de la distraction dans les accidents et d’adapter la réglementation. Aux conducteurs, enfin, de renforcer leur vigilance.

« Une voiture n’est pas un smartphone. Lorsque la sécurité est en jeu, la fonction doit primer sur le design », résume le Dr Klaus-Peter Röhler, membre du directoire d’Allianz SE.

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