Face aux escroqueries, les clients se replient

Une enquête LSEG Risk Intelligence menée auprès de 10 000 personnes en Europe, Moyen-Orient et Afrique montre que la fraude financière progresse dans les perceptions, affecte durablement les comportements et révèle un déficit de connaissance des dispositifs de protection.

Les arnaques et les fraudes financières gagnent du terrain et s’immiscent désormais dans tous les aspects du quotidien. Selon une récente étude de LSEG Risk Intelligence sur la région Europe, Moyen-Orient et Afrique (EMEA), 73 % des adultes interrogés estiment que les escroqueries augmentent, dont 45 % de manière significative. Près d’un quart des répondants déclarent avoir été personnellement ciblés au cours des deux dernières années et, parmi eux, 42 % disent avoir perdu de l’argent. 

L’exposition varie sensiblement selon les pays. Les Émirats arabes unis et le Danemark affichent les niveaux de ciblage les plus élevés, avec respectivement 39 % et 30 % des répondants concernés. La France se situe à l’autre extrémité, avec 18 % de personnes visées. Ce taux relativement faible masque toutefois des pertes importantes : la moitié des Français ciblés déclarent avoir subi un préjudice financier.

La technologie contribue à renouveler les méthodes employées. Plus d’un adulte sur cinq affirme avoir été confronté, ces 12 derniers mois, à une image générée par intelligence artificielle ou à un agent conversationnel se faisant passer pour une banque, un commerce ou un service d’assistance. Des imitations vocales et des vidéos truquées sont également signalées dans des proportions proches.

Les séquelles ne se limitent pas au portefeuille : plus de la moitié des victimes évoquent de la colère ou de la frustration. L’anxiété, la honte, la culpabilité, le sentiment de perte de contrôle ainsi que les troubles du sommeil figurent également parmi les conséquences déclarées. En France, 55 % des victimes mentionnent de la colère ou de la frustration, tandis que 35 % font état de culpabilité ou de honte.

Et la fraude affecte également durablement les comportements : 96 % des victimes reconnaissent avoir modifié leurs habitudes. Près de la moitié se montrent désormais plus prudentes lors des paiements en ligne. Certaines vérifient davantage la légitimité des entreprises, limitent le partage de leurs informations financières ou évitent certains canaux numériques.

L’étude souligne enfin un écart entre le sentiment d’être informé et la connaissance réelle des protections. Dans la région EMEA, 77 % des personnes interrogées se considèrent au moins plutôt bien informées sur les moyens de prévenir les arnaques. Pourtant, seules 12 % déclarent connaître pleinement leurs droits en matière de protection ou de remboursement.

Si les banques, les prestataires de paiement, les fintechs et les fournisseurs de technologies ont renforcé leurs dispositifs de détection, de prévention et de protection des clients, le travail doit se poursuivre, estime Dal Sahota, directeur des paiements sécurisés chez LSEG Risk Intelligence. Selon lui, « il existe une opportunité – et une responsabilité – de poursuivre ces efforts en renforçant davantage la gestion des risques et l’éducation, afin que l’économie numérique ne soit pas seulement plus sûre en théorie, mais réellement plus sécurisée et plus facile à appréhender au quotidien ».

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