Selon une étude Allianz France-Ifop, la famille reste le premier lieu d’apprentissage de l’argent. Mais cette transmission, centrée sur l’épargne et le budget, laisse souvent de côté l’investissement.
En France, la gestion de l’argent s’apprend d’abord à la maison. Selon une étude Allianz France-Ifop menée en avril 2026, 76 % des Français désignent au moins l’un de leurs parents comme leur premier repère en matière d’éducation financière. Un rôle familial qui s’inscrit dans une parole de plus en plus décomplexée : 54 % des répondants jugent qu’il est plutôt facile de parler d’argent en famille, une proportion qui grimpe à 66 % chez les moins de 35 ans.
Dans cette transmission familiale, les mères tiennent le premier rôle. Citées par 69 % des Français, contre 49 % pour les pères, elles apparaissent comme les principales passeuses des réflexes financiers du quotidien. Un apprentissage pourtant encore incomplet, puisque seuls 51 % des répondants estiment avoir bénéficié d’une bonne éducation financière.
Les notions transmises concernent surtout la gestion de base : épargner, gérer un budget ou comprendre le salaire. En revanche, les sujets liés à l’investissement, à la fiscalité, à la préparation de la retraite ou à la transmission du patrimoine sont beaucoup moins présents dans les échanges familiaux. Seuls 24 % des Français déclarent avoir été exposés à plusieurs de ces notions plus avancées.
Ce décalage intervient alors que 57 % des Français disent avoir déjà investi une partie de leur épargne sur des supports autres que les livrets bancaires. L’étude met ainsi en évidence un paradoxe : de nombreux épargnants passent à l’action sans toujours disposer des repères nécessaires pour évaluer les risques, comparer les options ou bâtir une stratégie dans la durée.
Pour Allianz France, l’enjeu dépasse la seule relation client ou le conseil en assurance vie. La question touche aussi aux inégalités sociales, car l’éducation financière reste largement héritée. Ce qui est transmis, ou non, au sein de la famille peut renforcer les écarts face à l’argent, à l’investissement et au patrimoine.
« La famille demeure le premier socle de l’éducation financière : elle façonne notre rapport à l’argent, au risque, à la sécurité et à l’avenir. Mais en transmettant encore majoritairement une culture de la prudence, elle ne suffit plus à préparer chacun aux réalités d’un monde où savoir investir devient essentiel », souligne Françoise Heckmann, directrice Épargne chez Allianz France.
L’étude rappelle enfin qu’une meilleure culture financière peut avoir un effet concret sur le long terme. Selon une précédente étude Allianz publiée en 2023, un épargnant français disposant d’un niveau élevé de culture financière pouvait espérer générer 2 730 euros de plus par an qu’une personne dépourvue de ces connaissances. Sur 30 ans, l’écart atteindrait 243 959 euros.

