Le groupe Ziwig espère un avis positif de la Haute Autorité de santé (HAS) sur un remboursement généralisé de son Endotest. Le test salivaire est déjà pris en charge dans une expérimentation hospitalière appelée à s’étendre jusqu’à 25 000 patientes.
Une femme sur dix en âge de procréer serait atteinte d’endométriose, cette pathologie qui peut provoquer des douleurs importantes, voire une infertilité. Pour améliorer le diagnostic, le groupe Ziwig a développé un test salivaire : l’Endotest. Aujourd’hui, l’entreprise dit attendre une prise de position rapide de la Haute Autorité de santé (HAS) pour un remboursement généralisé du dispositif. Son président Ziwig, Yahya El Mir, a précisé que les données nécessaires pour permettre à l’autorité d’évaluer son intérêt seront transmises à l’autorité d’ici au deuxième semestre 2026.
Le test est déjà remboursé pour certaines patientes, mais uniquement dans le cadre d’une vaste expérimentation pilotée par la HAS portant sur 2 500 patientes, dans une centaine d’hôpitaux. Le protocole prévoit un élargissement de la prise en charge jusqu’à 25 000 personnes, mais dans des conditions jugées restrictives : la prescription n’est possible qu’après un examen clinique puis une imagerie, et uniquement lorsque ces étapes ne sont pas suffisamment concluantes.
Des réserves persistent sur la place de l’Endotest dans le parcours de soins, notamment en raison d’un coût supérieur à 800 euros. Ziwig a toutefois défendu son dispositif lors d’une récente conférence de presse, aux côtés de médecins engagés dans l’expérimentation et de patientes. Le groupe s’appuie sur une étude parue à l’automne dans NEJM Evidence, conduite sur près d’un millier de patientes, qui rapporte une fiabilité d’environ 96 % pour confirmer ou écarter une endométriose. Pour Daniel Vaiman, généticien à l’Inserm, ces résultats sont encourageants : « C’est plutôt convaincant, même si ce n’est peut-être pas la réponse définitive au diagnostic de l’endométriose. »
Les spécialistes soulignent toutefois que les performances élevées pourraient s’expliquer en partie par la composition de l’échantillon, largement constitué de femmes déjà atteintes, ce qui peut biaiser les résultats. Ils ajoutent que ces données ne suffisent pas, à ce stade, à valider l’idée que le test, à lui seul, éviterait des années d’errance diagnostique, un point au cœur de la discussion autour d’un éventuel remboursement généralisé.

