Selon le baromètre Ifop 2026 pour la Fondation MMA, un dirigeant sur deux a déjà connu des difficultés psychologiques. Stress administratif, incertitudes économiques et troubles du sommeil ressortent comme facteurs majeurs.
La santé des dirigeants de TPE, PME et ETI demeure contrastée. D’après la 11e édition du baromètre Ifop réalisé pour la Fondation MMA des Entrepreneurs du Futur, 88 % des 1 000 dirigeants interrogés se déclarent en bonne santé générale, un niveau en hausse sur dix ans. Mais 85 % disent ressentir au moins un trouble de santé, soit une progression de 26 points par rapport à 2021.
Le constat est particulièrement marqué sur le plan psychologique. Si 76 % des répondants se disent aujourd’hui en bon état mental, 24 % évoquent un mal-être actuel et 27 % déclarent en avoir connu par le passé. Au total, 51 % des dirigeants ont déjà été confrontés à des difficultés psychologiques, sans distinction notable d’âge, d’activité, de fonction ou d’ancienneté.
Les symptômes les plus fréquents concernent l’épuisement, les tensions musculaires et les troubles du sommeil, cités chacun par environ un dirigeant sur deux. Les troubles anxieux touchent 43 % des répondants, devant le découragement ou la perte de motivation, mentionnés par 41 %. Le sentiment de colère ou d’irritabilité concerne 39 % des sondés.
Parmi les dirigeants concernés, 38 % se disent en mauvais état psychologique, contre 24 % en moyenne. Ils sont aussi plus nombreux à déclarer des troubles anxieux, une surcharge de travail ou une exposition au stress administratif. Leur perception de la dynamique de leur entreprise est également moins favorable.
La charge administrative et réglementaire reste la première difficulté quotidienne, citée par 64 % des décideurs. Elle devance la surcharge de travail, mentionnée par 55 %, et l’incertitude économique, relevée par 54 %. Les dirigeants en mauvaise santé psychologique ressentent plus fortement les effets du climat économique, du manque de visibilité et des difficultés propres à leur entreprise.
L’étude met aussi en évidence des pratiques de protection moins présentes chez les dirigeants fragilisés. Ils sont 53 % à déclarer préserver leur équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle, contre 73 % pour l’ensemble des répondants. Ils se déconnectent moins souvent des outils numériques et pratiquent moins régulièrement une activité physique.
Les répercussions se manifestent à la fois dans la sphère personnelle et professionnelle. Chez les dirigeants en mauvaise santé psychologique, 95 % évoquent au moins un impact sur leur vie personnelle et 91 % au moins un impact sur leur activité professionnelle. Les effets cités concernent la charge mentale, l’hyperconnexion, le manque de sommeil, la motivation, la prise de décision, la relation client ou encore les liens avec les collaborateurs.
Pour aller mieux, 34 % des dirigeants en souffrance psychologique envisageraient d’arrêter leur activité. La majorité privilégie toutefois des leviers liés à l’hygiène de vie : pratiquer du sport, améliorer l’équilibre de vie et le sommeil, ou se déconnecter plus souvent.
« Le mal-être des dirigeants est loin d’être un phénomène isolé et touche tous les profils, sans distinction d’âge, de milieu professionnel, ou d’ancienneté », souligne Sylvie Bonello, déléguée générale de la Fondation. Elle estime que la parole se libère, mais que l’accompagnement reste insuffisant : « Il nous faut lutter contre le fléau de la solitude du dirigeant qui retarde la mise en place des solutions pour aller mieux et durablement. »

