Trophées Assurance, une formidable « torture » professionnelle

Trois minutes dans les coulisses de ma journée professionnelle de vendredi dernier, entièrement consacrée au Jury des Trophées de l’Assurance 2026.

Par Jean-Luc Gambey

Bigup à l’OCIRP et Jean-Manuel Kupiec pour son accueil.

Je suis avec Emmanuelle Lambijou et Denis Hufacol. Je vous le dis tout net, c’est pas du pipo, que du vécu. Une journée centrée sur l’innovation dans l’assurance avec ses tubes, ses quelques fausses notes, ses reprises qu’on connaît déjà, ses bonnes surprises et parfois une innovation arrive, comme un tube de l’année qui nous emballe (un peu comme Trophées de M. Pokora).

Et moi, toute la journée, je gère le chrono. Lourde responsabilité.  C’est probablement la journée de l’année où je me sens le moins utile.

Neutralité oblige, je présente à la virgule près les dossiers transmis, les annexes, je regarde l’horloge, je vérifie le timing… et surtout je me tais. Une innovation que je trouve formidable me passe sous le nez ? Je me tais. Un dossier me laisse un peu perplexe ? Pareil. Une innovation pas vraiment visible ! Je fulmine. Une grosse envie de faire une remarque ? Toujours pareil. Pour quelqu’un qui aime plutôt donner son avis sur ce sujet, c’est une torture professionnelle. Et pourtant, j’adore cette journée. Parce qu’une fois condamné au silence, il reste une activité formidable : écouter.

Le jury joue collectif

Dès 9h15, la musique commence. Tous les membres du Jury sont là, concentrés, impliqués et font même quelque chose devenu suffisamment rare pour être signalé : ils abandonnent leurs téléphones et sont dans une abstinence numérique incroyable. On aurait pu se croire en zone blanche. Enfin presque. Tous verront les dossiers et leurs annexes. Le rythme est soutenu, le Jury échange, doute, s’enthousiasme et, heureusement n’est pas toujours d’accord.

Et puis arrivent les grands tubes des Trophées : « C’est très bien, mais est-ce innovant ? », « Est-ce vraiment de l’assurance ? » ou le classique « Mais qu’est-ce que ce dossier fait dans cette catégorie ? ». Un petit Best Of que nous pourrions presque sortir chaque année lors de la remise des Trophées, cette année le 1er Octobre 2026.

Et on attend toujours l’innovation de rupture,… celle qui renverse la table et change tout. Quel que soit les industries on n’a pas Le baladeur à cassettes tous les ans. L’innovation est aussi et surtout incrémentale, moins spectaculaire, parfois moins visible, mais sacrément utile. Et vendredi dernier, il y en avait un paquet.

Coupez la musique !

Évidemment, j’aurais parfois aimé intervenir. Dire à certains que leur innovation était probablement meilleure que la façon dont ils la présentaient. Rappeler que mettre 74 informations sur un slide en caractère 5 ne transforme pas un PowerPoint en œuvre majeure. Les vieilles habitudes ont la vie dure…

Et puis il y a les vidéos, annexes des candidatures… Certaines sont excellentes. D’autres prouvent qu’il existe encore une réserve mondiale inépuisable de musique d’ascenseur : petit piano inspirant, quelques percussions, montée héroïque et apparition du logo. À 15 heures, même Hans Zimmer (que j’adore) aurait demandé qu’on baisse le son.

Bref vous aurez bientôt la playlist 2026 de l’innovation en assurance

Les résultats ? Évidemment, vous devrez attendre la cérémonie. Mais je peux quand même vous dire que j’ai vu des « petits » jouer très fort et très bien face aux « gros », des marques revenir, de belles choses concrètes autour de la prévention, de la relation clients, des sinistres, et bien sûr de l’intelligence artificielle. Beaucoup d’intelligence artificielle. À tel point qu’un dossier sans IA finit presque par ressembler à un concert acoustique sans Jean-Michel Jarre (lui aussi j’aimais bien). Mais finalement, la question intéressante n’est déjà plus « y a-t-il de l’IA ? ». C’est plutôt : qu’est-ce qu’elle change réellement pour l’assuré, le collaborateur, le distributeur ? Et là, croyez-moi, tous les morceaux ne se ressemblent pas.

Le triangle, en rappel

Vous connaissez ma passion (enfin ceux qui me lise) pour le triangle ! « cling » à 16h30, fin des délibérations. Les résultats tombent, vérifiés 3 fois, sans IA, avec le rappel de l’indispensable confidentialité. Et quelques minutes plus tard, alors que je rentre, arrivent les premiers appels téléphoniques : « Alors ? », « J’ai un prix ? » « Tu sais quelque chose ? », et mon préféré, au flan on me dit « Allez, juste entre nous… ». Bah non, je ne peux rien dire, ma cheffe me condamne à nouveau au silence.

Donc non, je ne dirai rien. Même sous la torture. Avec un très bon flan (j’adore celui de Mori Yoshida), je demande à réfléchir….

Sans rien faire, à pars regarder l’horloge, je suis rentré éreinté, mais ravi. Parce qu’au fond, cette journée ne sert pas seulement à choisir des lauréats. Tous ces dossiers, mis bout à bout, racontent quelque chose de notre secteur : ses obsessions du moment, ses progrès, ses hésitations et probablement quelques-unes de ses transformations à venir.

Ils composent, en quelque sorte, la bande-son de l’assurance de demain. Et vendredi dernier, il y avait franchement quelques morceaux qui donnaient envie de monter le son.

Pour connaître les titres de la play list de l’innovation en assurance 2026, il faudra attendre la cérémonie des Trophées de l’Assurance, le 1er Octobre 2026.

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