Protection Juridique : CFDP part à la conquête de l’Espagne

CFDP, spécialiste de l’assurance de protection juridique, annonce son entrée sur le marché espagnol. CFDP s’appuiera sur le réseau de courtiers pour se déployer dans la péninsule ibérique, tout en nouant des partenariats avec des compagnies d’assurance locales sur des projets et solutions spécifiques.

Une nouvelle marque et un visage reconnu du marché espagnol

Pour porter cette ambition, CFDP a créé une marque dédiée, ESPD, et confié sa direction à Cristina Gutiérrez. Celle-ci n’est pas une inconnue de l’écosystème assurance espagnol : elle dirigeait depuis huit ans la FECOR, la fédération des associations et organisations de courtiers et de sociétés de courtage en assurance d’Espagne. Elle figure par ailleurs dans le classement « 40 under 40 » d’INESE et de l’AJPS, ainsi que dans le palmarès des femmes les plus influentes de l’assurance établi par le Grupo Aseguranza.

Dans un communiqué, Christophe Boiton, directeur général de CFDP, justifie ce choix par le potentiel du marché espagnol et par une évolution récente du cadre juridique qui, selon lui, renforce la pertinence d’un modèle fondé sur la prévention et la résolution amiable des conflits.

Un marché espagnol en croissance, porté par une réforme judiciaire de grande ampleur

Le communiqué de CFDP situe le marché espagnol de la protection juridique à plus de 405 millions d’euros de cotisations en 2023, contre 315 millions en 2017, avec une trajectoire qui devrait le porter au-delà de 480 millions d’euros en 2026. Une progression sensiblement plus rapide, en proportion, que celle du marché français, déjà nettement plus mature : selon les chiffres de France Assureurs, la PJ française pesait 1,83 milliard d’euros en 2023 (+5,9 % sur un an), contre 1,48 milliard en 2019, et La Tribune de l’Assurance confirme une croissance stabilisée autour de 5 à 6 % par an depuis une décennie, avec une bascule notable vers les contrats autonomes (60 % des primes en 2024).

Le texte de loi évoqué par CFDP est la Ley Orgánica 1/2025, publiée au Boletín Oficial del Estado le 3 janvier 2025 et entrée en vigueur le 3 avril suivant. Cette réforme profonde de la justice espagnole poursuit plusieurs objectifs, détaillés notamment par le barreau espagnol : réorganiser la carte judiciaire autour de nouveaux « Tribunales de Instancia », accélérer la numérisation des procédures, et surtout généraliser le recours aux MASC (Medios Adecuados de Solución de Controversias), l’équivalent espagnol des modes alternatifs de résolution des conflits.

Point clé pour les assureurs de protection juridique : selon le cabinet Ius + Aequitas, depuis l’entrée en vigueur du texte le 3 avril 2025, la justification d’une tentative de résolution amiable préalable est devenue, pour la plupart des litiges civils et commerciaux, une condition de recevabilité avant toute action en justice. L’Espagne se rapproche ainsi du modèle italien, plus contraignant que le système français où l’obligation reste circonscrite à certains contentieux.

Cette bascule réglementaire crée mécaniquement un besoin : les particuliers et les entreprises espagnols doivent désormais pouvoir mobiliser, avant de saisir un tribunal, un accompagnement pour négocier, transiger ou recourir à la médiation.

C’est précisément le cœur de métier des assureurs de protection juridique, qui associent information juridique, accompagnement dans la résolution amiable et prise en charge des frais de défense en cas d’échec de cette étape. L’argument avancé par CFDP, un marché dont la demande de solutions amiables est en hausse structurelle, s’appuie donc sur un changement légal concret.

Une stratégie d’expansion progressive, calquée sur le modèle belge

L’Espagne n’est pas le premier terrain d’internationalisation de CFDP. Le groupe est déjà présent en Belgique, où il a d’abord opéré en libre prestation de services avant d’ouvrir une succursale à Liège en 2020, faisant de ce marché un relais de croissance à l’international. Il est également implanté au Luxembourg. L’entrée en Espagne s’inscrit dans le plan stratégique « Infiniment amiable » à horizon 2030, qui prévoit à la fois l’intégration de l’intelligence artificielle aux outils et processus du groupe et l’accélération de son déploiement international, notamment en Belgique et en Espagne.

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