Cet été, nous vous embarquons dans le Carnet de route de l’assurance engagée, le livre d’Enola Gambey : trente-huit histoires, trente-huit lieux, un tour de France de vies ordinaires bousculées par l’imprévu. Chaque récit s’ancre dans un dispositif engagé bien réel du secteur, et chaque personnage vous mène au suivant. Une histoire par semaine, pour redécouvrir l’assurance en partenaire de vie inattendu.
Jeremy Drai a quarante ans, deux hectares de maraîchage bio et une camionnette qui en a vu d’autres.
Son exploitation est à la sortie de Montélimar, côté collines. Pas très grande, mais suffisante. Il fait pousser des légumes de saison : tomates, courgettes, aubergines l’été ; courges, poireaux, mâche l’hiver, qu’il vend sur les marchés de la région et à quelques restaurants. Circuit court, clients fidèles, vie simple.
Ce vendredi-là, il se lève à quatre heures. Le marché de Dieulefit ouvre à huit heures, il faut compter une heure de route et le temps d’installer l’étal. Il charge la camionnette dans le noir : cagettes de courges butternut, bottes de poireaux, sachets de mâche. Le moteur tousse un peu au démarrage mais finit par partir.
La route est déserte à cette heure. Jeremy met la radio, un café dans le porte-gobelet. Il connaît le trajet par cœur.
L’accident arrive à la sortie de Montélimar, sur une départementale bordée de platanes. Une forme surgit dans les phares. Une biche. Jeremy freine, braque, l’évite de justesse. Mais la camionnette dérape sur le bas-côté humide, quitte la route, dévale un petit talus et s’écrase contre un muret de pierres sèches.
Le choc est brutal. Jeremy reste immobile quelques secondes, sonné. L’airbag s’est déclenché. Odeur de poudre, de plastique brûlé. Il bouge les bras, les jambes. Rien de cassé. Il essaie d’ouvrir la portière, elle est bloquée.
Après quelques minutes, des phares apparaissent sur la route. Une voiture s’arrête.
– Eh ! Ça va ? Vous m’entendez ?
Une voix jeune. Un visage apparaît à la vitre côté passager : un garçon, la vingtaine, sweat à capuche.
– Je vais bien, dit Jeremy. Mais je peux pas sortir.
Le garçon fait le tour, essaie la portière passager. Elle cède. Jeremy se hisse dehors, les jambes un peu flageolantes.
– Vous saignez au front, dit le garçon.
Jeremy porte la main à sa tête. Une coupure superficielle.
– C’est rien. Merci de t’être arrêté.
Le garçon sort son téléphone, appelle les secours. Il donne la position, décrit la situation. Puis il raccroche.
– Ils arrivent dans vingt minutes.
Ils s’assoient sur le muret, à côté de la camionnette défoncée. Le jour commence à poindre. Les courges ont roulé dans l’habitacle, certaines éclatées contre le tableau de bord.
– Merde, dit Jeremy. Dix ans que je l’ai, cette camionnette.
Le garçon s’appelle Hugo. Vingt-cinq ans, toulousain. Il roulait vers Loriol-sur-Drôme, où vit sa grand-mère à qui il rend visite une fois par mois, parfois deux.
– Je fais le trajet de nuit, explique-t-il. Moins de monde sur la route. Et l’essence coûte moins cher quand tu roules cool.
Sa voiture est garée un peu plus haut, warnings allumés. Une vieille Clio grise, cabossée, qui a connu des jours meilleurs.
– Elle tient encore ? demande Jeremy.
Hugo hausse les épaules.
– Tant qu’elle roule. J’ai pas les moyens d’en changer.
Les pompiers arrivent, puis une dépanneuse. On examine Jeremy, rien de grave. On embarque la camionnette. Jeremy récupère ce qu’il peut : son portefeuille, son téléphone, quelques cagettes de légumes intactes.
Hugo l’aide à charger le tout dans la Clio.
– Je peux te déposer quelque part ?
– Chez moi, c’est à dix minutes. Si ça te fait pas un trop gros détour.
– Aucun problème.
Ils roulent en silence. Le soleil se lève sur les collines. Jeremy indique le chemin, un petit domaine au bout d’un chemin de terre. Serres, parcelles bien alignées, hangar.
– C’est ton exploitation ?
– Ouais. Maraîchage bio. Je vends sur les marchés.
Hugo regarde autour de lui, impressionné.
– C’est beau. Ça change de Toulouse.
Ils échangent leurs numéros avant de se quitter.
– Merci encore, dit Jeremy. Sans toi, j’aurais poireauté une heure dans le froid.
Hugo sourit.
– Normal. Bonne chance pour la camionnette.
La semaine suivante, le verdict tombe. L’expert est formel : véhicule en perte totale. Les réparations coûteraient plus cher que sa valeur résiduelle.
– On vous indemnise, explique le conseiller de l’assurance. Et le véhicule est pris en charge par notre partenaire. Un recycleur automobile, ici dans la Drôme.
– Un recycleur ?
– Ils récupèrent les véhicules accidentés ou en fin de vie, démontent tout ce qui peut être réutilisé, et revalorisent le reste. Quasiment rien ne part à la poubelle.
Jeremy raccroche. Il avait imaginé sa camionnette finir au fond d’une casse, rouillant sous la pluie. Par curiosité, il cherche des informations sur le recycleur en question. Le site est bien fait, professionnel. Il découvre les chiffres.
Presque 100% du véhicule est valorisé. Les pièces encore fonctionnelles sont démontées, testées, nettoyées, photographiées. Puis stockées et revendues à des particuliers ou des garagistes. Ce qui ne peut pas être réemployé est recyclé : métaux fondus et réutilisés, plastiques triés, fluides polluants extraits et traités proprement.
Il repense aux paysans de Madagascar, qui récupèrent la moindre pièce de métal, qui réparent leurs outils jusqu’à ce qu’il n’y ait plus rien à réparer. L’idée est la même. Ne pas gaspiller et ça lui plait.
Trois semaines plus tard, son téléphone sonne. Un numéro qu’il ne reconnaît pas, puis si : Hugo.
– Salut, c’est le gars de l’accident. Je voulais prendre des nouvelles. T’as retrouvé une camionnette ?
– Ouais, une d’occasion. Moins de kilomètres, plus récente. L’assurance a bien couvert.
– Cool. Et l’ancienne ?
Jeremy lui raconte. Le recycleur, le processus, la seconde vie des pièces.
– 100% recyclé ?
– Quasiment. Et les pièces sont revendues pas cher, garanties deux ans.
Il y a un silence au bout du fil.
– Ma Clio a lâché, dit Hugo. L’alternateur. Le garagiste me demande 350 euros pour la pièce neuve, plus la main-d’œuvre. J’ai pas ça.
Jeremy comprend.
– Va voir sur leur site. Tape ta référence. Tu trouveras peut-être l’alternateur d’occasion, trois fois moins cher.
Quelques jours plus tard, Jeremy reçoit un SMS.
« L’alternateur est arrivé. 85 euros au lieu de 350. Ma Clio roule de nouveau. Merci pour le tuyau. »
Jeremy sourit. Il imagine le gamin à Toulouse, repartant travailler avec sa vieille Clio rafistolée. Il pense à sa camionnette, démontée pièce par pièce quelque part dans la Drôme. Peut-être que c’est son alternateur à lui qui roule maintenant à Toulouse.
Le Groupe GPA est un acteur industriel majeur de l’économie circulaire, spécialisé dans le recyclage des véhicules automobiles. À la croisée de l’industrie et de la distribution, le Groupe GPA revalorise les véhicules pour offrir des pièces d’occasion de qualité. Sa mission s’inscrit pleinement dans une approche durable.
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Les Trophées de l’Engagement reviennent pour une 2e édition ! Acteurs du secteur de l’assurance : valorisez vos initiatives à impact dans une ou plusieurs catégories (Solidarité, Santé, Environnement, Prévention, Proximité, Prix du Public et le nouveau Prix Impact Score). Dossiers à déposer avant le 15 octobre 2026, cérémonie le lundi 14 décembre 2026 à Paris (sur invitation).

