ITW Talents de l’assurance : Antoine Gandois

Chaque année, les Talents de l’Assurance mettent en lumière celles et ceux qui contribuent à la performance du secteur et qui rendent possible son évolution et sa transformation. Nous sommes allés à la rencontre des lauréats 2026 pour revenir sur leur parcours, leurs convictions et leur vision de l’assurance de demain. Nous avons échangé avec Antoine Gandois, chargé de reporting réglementaire Solvabilité II au sein d’Abeille Assurances.

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots (fonction, rôle,) et nous parler de votre parcours ?

Actuellement, je suis chargé de reporting réglementaire Solvabilité II au sein d’Abeille Assurances. Mon rôle consiste à produire des états de reporting financier à destination du régulateur français, l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR).

J’ai débuté ma carrière au sein de la mutuelle CARAC, où j’ai travaillé sur des sujets liés aux inventaires comptables, au reporting réglementaire et à différents projets transverses.

Lors de ma deuxième expérience professionnelle, j’ai souhaité approfondir les enjeux réglementaires liés à Solvabilité II. J’ai ainsi rejoint le groupe Apicil en tant que responsable comptable chargé du réglementaire, avec un périmètre couvrant les entités solos et le groupe.

Qu’est-ce qui vous plait dans votre métier ?

Ce qui me plaît le plus, ce sont les interactions avec les différentes équipes, mais aussi la consolidation de l’ensemble des données actuarielles, financières et comptables.

Être « au bout de la chaîne » offre également l’opportunité d’avoir une vision consolidée de l’activité de la compagnie et, surtout, de sa solvabilité.

Qu’est-ce qui vous a amené(e) à travailler dans l’assurance ? Était-ce un choix ou un « hasard de carrière » ?

J’entends souvent cette phrase : « On entre dans l’assurance par hasard et on y reste par passion. »

À l’origine, je souhaitais devenir expert-comptable. J’ai suivi un parcours entièrement tourné vers la comptabilité avec l’ambition de reprendre un cabinet familial.

Mais quand j’ai découvert l’assurance pendant mon Master CCA à la Sorbonne Paris Cité, réalisé en alternance. J’ai eu la chance de rencontrer des mentors qui m’ont donné la vive conviction de poursuivre ma carrière dans ce secteur.

Le talent dans votre métier, comment se concrétise-t-il selon vous ?

Mon talent ? « Tenir les deadlines » (aha) ! Je dois réussir à produire les états de reporting dans des délais bien définis, afin de les transmettre au niveau du groupe, puis au régulateur.

C’est un véritable défi lors des arrêtés : il faut jongler entre la réception des données, l’analyse et la correction des anomalies. Mais cette période apporte aussi une certaine dose d’adrénaline tout au long de l’année.

Si vous deviez expliquer votre métier à un enfant de 10 ans, que lui diriez-vous ? 

Je vérifie que les assureurs ont bien compté tous leurs sous, un peu comme le gardien de la grande tirelire de l’assurance.

Un projet, une rencontre, une initiative… qui vous a particulièrement marqué(e) dans le secteur ?

Dans le cadre des actions menées par la Fondation Abeille Assurances, j’ai eu l’occasion de participer à une distribution de denrées alimentaires organisée avec l’association Linkee.

Ce qui m’a particulièrement frappé, c’est l’ampleur des besoins chez les étudiants. Plus de 100 d’entre eux étaient présents lors de cette distribution. Voir autant de jeunes en situation de précarité ne peut pas laisser indifférent.

Le ressenti est très différent lorsque l’on vit cette réalité sur le terrain, plutôt que de la découvrir dans les journaux ou à la télévision.

Je suis convaincu que les assureurs ont un véritable rôle à jouer pour soutenir ce type d’initiative sur l’ensemble du territoire français.

Qu’est-ce qui vous donne envie de vous lever le matin pour aller travailler dans l’assurance (et pas ailleurs) ?

Au fond, c’est le sentiment de contribuer à un système « l’assurance » qui participe à l’équilibre de notre société.

Vous allez peut-être me dire : « D’accord, mais derrière, il y a aussi une logique financière. » Cela me rappelle un proverbe cité récemment par l’un de mes professeurs en stratégie et pilotage : « Sales are vanity, profit is sanity, cash is reality »

C’est vrai. Mais sans assurance, de nombreux événements n’auraient pas pu avoir lieu, comme la Coupe du monde de football (allez les Bleus) ou encore les Jeux olympiques de Paris 2024.

Quelle(s) idée(s) reçue(s) sur l’assurance aimeriez-vous faire disparaître ?

J’aimerais faire disparaître la mauvaise image dont souffre encore notre secteur. Le cycle de production inversé, combiné à la gestion des sinistres, n’aide sans doute pas à améliorer cette perception.

J’aimerais surtout ne plus entendre en soirée « assureurs voleurs » dès que je dis que je travaille dans l’assurance.

Selon vous, qu’est-ce que le secteur ne montre pas assez de lui-même ?

Je pense qu’il faudrait rendre l’assurance plus accessible et plus compréhensible. Ces dernières années, le secteur bancaire a déployé beaucoup d’énergie en faveur de l’éducation financière. Alors, pourquoi ne pas davantage mettre en avant l’éducation assurantielle ?

Vous me direz que la directive sur la distribution d’assurances y contribue déjà, notamment à travers le devoir de conseil ou encore la gouvernance des produits, dite POG.

Pourtant, force est de constater que de nombreux assurés ne comprennent pas pleinement leurs contrats d’assurance. Les assureurs ont donc tout à gagner à les rendre plus clairs et plus compréhensibles, car cela améliore l’ensemble de la chaîne de valeur, qu’il s’agisse de la souscription, de la distribution ou de la gestion des sinistres.

Quel conseil donneriez-vous à un jeune qui hésite à se lancer dans l’assurance ?

Lance-toi et sois curieux !

L’assurance offre de belles opportunités, ainsi que de nombreuses passerelles entre les différentes directions, qu’il s’agisse de la finance, du contrôle de gestion, de la comptabilité ou encore de la consolidation.

On parle d’ailleurs de « bancassureurs » : je connais des profils qui ont commencé leur carrière dans la banque avant de rejoindre le secteur de l’assurance. L’inverse est également possible.

Quels sont, selon vous, les principaux freins à l’attractivité du secteur ?

En toute franchise, je trouve le secteur attractif, mais il s’agit peut-être d’un biais de perception, car j’évolue dans l’assurance depuis plus de neuf ans. Il offre de belles perspectives, aussi bien en matière de carrière que de package salariale.

Cependant, le dernier baromètre de l’Observatoire de l’évolution des métiers de l’assurance souligne les risques que font peser la baisse du recrutement d’alternants et le développement de l’intelligence artificielle sur l’emploi et les compétences des jeunes. Ce constat m’a amené à nuancer mon opinion.

Le secteur de l’assurance devra relever un véritable défi dans les prochaines années : continuer à créer de l’emploi en France tout en s’adaptant aux évolutions technologiques, notamment à l’IA.

Personnellement et peut-être que je me trompe, je pense que l’IA ne remplacera pas les métiers, mais qu’elle permettra plutôt de développer un modèle d’« humain augmenté ». Mieux vaut donc être proactif, se former et apprendre à utiliser ces nouveaux outils pour ne pas laisser passer la vague de l’IA.

Votre plus belle surprise depuis que vous travaillez dans le secteur ?

Entrer sur la pelouse du Parc des Princes dans le cadre d’un événement organisé par Sage. Découvrir le stade de l’intérieur, c’était vraiment génial, surtout pour un supporter du Paris Saint-Germain. Un joli back-to-back !

Le métier de l’assurance que vous recommanderiez les yeux fermés ?

Mon métier, bien sûr ! J’ai commencé par la comptabilité d’assurance, avant de passer par le contrôle de gestion, puis par le reporting Solvabilité II. C’est une opportunité de découvrir la transversalité des fonctions financières.

L’assurance doit/peut-elle mieux dialoguer avec les écoles et les jeunes diplômés ? Si oui comment ?

Totalement. À l’époque, j’ai découvert mon métier en alternance au sein de la mutuelle CARAC, grâce à une plateforme de CFA.

Je pense que les assureurs, les mutuelles et les courtiers ont tout à gagner à créer des partenariats avec les écoles et les jeunes diplômés. Et, selon moi, il ne faut pas se limiter aux « grandes écoles », car ce serait se priver de nouveaux talents.

Miser sur l’alternance est l’une des meilleures options, à condition d’offrir une vision à long terme à l’alternant et de l’accompagner tout au long de son parcours.

L’engagement, dans votre quotidien professionnel, ça ressemble à quoi concrètement ?

Comme évoqué précédemment, je dirais que l’une de mes plus belles expériences a été de contribuer à une initiative de distribution de denrées alimentaires, menée dans le cadre du partenariat entre la Fondation Abeille Assurances et Linkee.

J’ai également participé au Podcasthon avec mon podcast Assurance en coulisses, afin de mettre en lumière l’association Article 1, qui œuvre pour l’égalité des chances et au sein de laquelle j’ai d’ailleurs été bénévole.

Et la question que l’on aurait due vous poser ? (avec la réponse)

Allez, une question signature de mon podcast Assurance en coulisses : « Si mon métier devait être un sport, lequel serait-il ? »

Le surf, en espérant retrouver les vagues cet été au Pays basque.

En un mot, l’assurance pour vous c’est… ?

Stimulant.

Préparez-vous, les Talents de l’assurance, organisé par Vovoxx Média, reviendront en mars 2027. 

Revoir le Palmarès 2026 ! 

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