Les Family Offices maintiennent leurs investissements tout en renforçant leur sélectivité, selon le 11e baromètre AFFO/EY.
Face à un contexte économique, géopolitique et fiscal sous tension, les Family Offices ne freinent pas leurs investissements : ils les affinent. Selon le 11e Baromètre réalisé par l’AFFO en partenariat avec EY, les familles accompagnées renforcent leur capacité d’adaptation en privilégiant des stratégies plus sélectives, mieux diversifiées et davantage tournées vers la maîtrise des risques.
L’étude repose sur les réponses de professionnels représentant 928 familles. Près de la moitié des Family Offices interrogés gèrent plus de 500 millions d’euros d’actifs, dont un tiers plus d’un milliard d’euros.
Les facteurs macroéconomiques restent le premier moteur des décisions d’investissement, cités par 88 % des répondants. Les tensions géopolitiques suivent à 73 %, devant les incertitudes politiques et fiscales, mentionnées par 71 %.
Malgré ces contraintes, 65 % des répondants considèrent encore 2026 comme une année porteuse d’opportunités. Les familles cherchent toutefois à mieux équilibrer création de valeur, diversification et maîtrise des risques.
Elles privilégient les modèles économiques jugés solides et maintiennent leur engagement dans l’économie réelle.
L’investissement dans les entreprises locales est cité par 70 % des répondants, l’implication dans leur transformation par 48 %, le financement de projets innovants par 26 % et le soutien à des initiatives philanthropiques par 26 %.
La fiscalité devient la première attente exprimée vis-à-vis de l’écosystème des Family Offices, citée par 44 % des répondants, en hausse de 17 points. Cette progression traduit un besoin de stabilité dans un cadre jugé moins lisible, alors que les décisions d’investissement et de transmission s’inscrivent dans le long terme. La transmission intergénérationnelle demeure d’ailleurs la première préoccupation des familles, mentionnée par 72 % des répondants, devant les changements de politiques fiscales à 58 %, les enjeux géopolitiques à 43 % et la gouvernance familiale à 38 %.
« Face à un environnement économique, géopolitique et fiscal plus complexe, les Family Offices démontrent une nouvelle fois leur capacité de résilience », souligne Charles-Henri Bujard, président de l’AFFO. Pour Benoît Losfeld, avocat associé chez EY Société d’Avocats, les Family Offices confirment « leur rôle structurant dans le financement et le soutien à l’économie réelle ».
En 2025, le private equity reste la première classe d’actifs des portefeuilles, avec 34 % des allocations. Il devance les actions cotées, à 23 %, l’immobilier d’investissement, à 16 %, les obligations, à 12 %, les liquidités, à 8 %, et les classes alternatives, à 7 %. Les investissements via des fonds progressent, tandis que les opérations en direct reculent, signe d’une recherche de diversification et d’accès à des expertises spécialisées. Pour 2026, 70 % des répondants anticipent une stabilité ou une progression du private equity.
Les actions cotées regagnent toutefois du terrain, avec une hausse de 5,7 points en 2025. L’immobilier confirme son redressement après le recul observé en 2024, tandis que les obligations poursuivent leur remontée. Les allocations se réorientent progressivement vers l’Europe, au détriment des investissements hors Europe, dans une logique de recherche d’environnements considérés comme plus stables.
Les préférences sectorielles pour 2026 placent les technologies en tête, citées par 73 % des répondants, devant la santé et les sciences de la vie, à 48 %.
L’innovation est considérée comme un levier stratégique par 86 % des participants. L’industrie, les services financiers, l’immobilier et l’énergie complètent les secteurs suivis. La croissance rentable s’impose comme la principale thématique d’investissement, citée par près de 66 % des répondants, dans une approche centrée sur la solidité des modèles économiques et la visibilité des rendements.
La philanthropie s’inscrit aussi dans les pratiques des familles. En 2025, 57 % des répondants déclarent avoir mis en place une politique dédiée. La moitié indiquent que leur Family Office héberge un fonds de dotation ou une fondation, tandis que 44 % contribuent à des organisations d’intérêt général. Cette dimension accompagne désormais les stratégies d’investissement, de transmission et d’organisation patrimoniale.

