Dénatalité : les quatre enjeux de la Mutualité Française

Avec un recul des naissances de 21,5 % depuis 2010, la France s’installe durablement dans la dénatalité. Pour la Mutualité Française, ce mouvement n’est pas qu’un indicateur démographique : il fragilise le modèle de solidarité. Elle identifie quatre enjeux pour y répondre.

La baisse des naissances n’a plus rien d’un accident passager. En 2025, 643 905 bébés sont nés en France, soit 2,3 % de moins qu’en 2024, et le solde naturel est devenu négatif pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. L’indicateur de fécondité est tombé à 1,56 enfant par femme, contre 2,02 en 2010, et l’Insee le voit se stabiliser autour de 1,45 à partir de 2028.

« On n’assiste plus seulement à un report de l’âge de la maternité. Les jeunes générations souhaitent aussi, en moyenne, avoir moins d’enfants », résume Chloé Tavan, Cheffe de la division « Enquêtes et études démographiques » à l’Insee.

Un vieillissement qui change les besoins de santé

Le recul des naissances creuse le déséquilibre entre les âges. Au 1er janvier 2026, les bébés de moins d’un an sont désormais moins nombreux que les personnes âgées de 79 ans. 2,6 millions de personnes âgées sont déjà en situation de perte d’autonomie et un million supplémentaire est attendu à l’horizon 2040.

Plutôt qu’une réponse centrée sur la seule dépendance, la Mutualité Française plaide pour une politique globale du bien vieillir, fondée sur la prévention, le soutien aux aidants, l’adaptation des parcours et des lieux de vie, et une solidarité intergénérationnelle durable.

Quatre grands enjeux, selon la Mutualité Française

À partir de ce constat, la fédération décline quatre priorités. La première consiste à adapter l’offre de santé à une société plus âgée, en faisant évoluer les réponses vers davantage de prévention, de prise en charge des maladies chroniques et d’accompagnement de l’autonomie. La deuxième vise à garantir une offre de proximité dans tous les territoires, alors que la transition démographique recompose les besoins de façon inégale : l’enjeu est d’accompagner ces évolutions sans aggraver les inégalités d’accès aux soins.

La troisième priorité porte sur les conditions de la parentalité. Sans prescrire les choix individuels, le mouvement mutualiste entend défendre une approche globale de la santé des familles, de la périnatalité aux premières années de l’enfant, et promouvoir des politiques qui réduisent les contraintes pesant sur les projets parentaux, du logement aux modes de garde. La quatrième, enfin, concerne la préservation d’un modèle de solidarité soutenable : avec moins d’actifs et des besoins croissants liés au vieillissement, la Mutualité Française estime avoir un rôle central à jouer pour éclairer les choix collectifs, défendre l’équité entre les générations et bâtir des réponses solidaires et préventives dans la durée.

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