Chaque année, les Talents de l’Assurance mettent en lumière celles et ceux qui contribuent à la performance du secteur et qui rendent possible son évolution et sa transformation. Nous sommes allés à la rencontre des lauréats 2026 pour revenir sur leur parcours, leurs convictions et leur vision de l’assurance de demain. Nous avons échangé avec Pol-Henri Minvielle, directeur général d’Unéo.
Pouvez-vous vous présenter en quelques mots (fonction, rôle) et nous parler de votre parcours ?
Je suis Directeur général d’Unéo, une mutuelle qui couvre plus d’un million de personnes, notamment l’ensemble des forces armées françaises, et compte 680 millions d’euros de chiffre d’affaires.
J’occupe cette fonction depuis début 2025, j’étais auparavant Directeur général d’une autre mutuelle depuis fin 2018.
Quelques mots sur mon parcours : après des études d’ingénieur (Ecole Centrale Paris), j’ai démarré ma carrière en 2001 dans le conseil, où j’ai passé 6 ans chez PwC Consulting puis Roland Berger. J’ai rejoint le secteur de l’assurance en 2007, chez Generali, où j’ai notamment été en charge du pilotage du Group Strategic Plan. C’est à ce moment-là que j’ai démarré une formation au Centre d’études actuarielles, qui m’a plus tard permis de devenir actuaire certifié. J’ai découvert le secteur des mutuelles en 2012, en rejoignant CCMO Mutuelle d’abord comme Directeur délégué puis comme Directeur général.
Qu’est-ce qui vous plait dans votre métier ?
C’est un métier passionnant qui a du sens, il permet d’allier utilité sociale, expertise technique et valeurs humaines.
Qu’est-ce qui vous a amené à travailler dans l’assurance ? Était-ce un choix ou un « hasard de carrière » ?
Je suis arrivé vraiment par hasard dans l’assurance, après une première partie de carrière dans le conseil en stratégie et en management principalement pour des entreprises de l’aéronautique et de la défense. En revanche, c’est par choix que j’y suis resté.
Si vous deviez expliquer votre métier à un enfant de 10 ans, que lui diriez-vous ?
Je lui dirais que mon métier consiste à faire en sorte que les personnes puissent se soigner plus facilement quand elles en ont besoin, sans être bloquées ou freinées par le coût des soins.
Qu’est-ce qui vous donne envie de vous lever le matin pour aller travailler dans l’assurance (et pas ailleurs) ?
La certitude que mon activité a du sens, l’intérêt de mon travail, et les personnes que j’y rencontre.
Quelle(s) idée(s) reçue(s) sur l’assurance aimeriez-vous faire disparaître ?
Il y a deux idées reçues que j’aimerais faire disparaître, de deux natures différentes : l’une du point de vue des assurés, l’autre du point de vue monde du travail.
J’aimerais faire disparaître l’idée qu’un assuré doit « en avoir pour son argent ». Comme si une bonne assurance était celle dont on récupère davantage que ce que l’on a cotisé.
En réalité, quand on est bien assuré, le meilleur scénario est généralement d’avoir le moins souvent possible besoin de recourir à son contrat. En santé, c’est encore plus vrai : ceux qui sont en bonne santé cotisent pour ceux qui sont en moins bonne santé. Notre rôle n’est pas de faire en sorte que chacun « rentabilise » sa cotisation, mais de permettre à chacun d’être protégé lorsqu’il en a besoin, parfois face à des événements lourds ou imprévisibles.
L’assurance n’est pas un produit que l’on doit rentabiliser : c’est une protection que l’on construit collectivement, pour être là quand elle devient nécessaire.
J’aimerais aussi faire disparaître l’idée que l’assurance serait un secteur froid, très administratif et essentiellement motivé par la vente de contrats. Dans une mutuelle, notre métier a d’abord du sens : nous protégeons les personnes face aux aléas de la vie et nous les accompagnons lorsqu’elles en ont réellement besoin. Derrière les contrats et les chiffres, il y a des situations humaines très concrètes.
Selon vous, qu’est-ce que le secteur ne montre pas assez de lui-même ?
Je pense que nous ne montrons pas suffisamment notre utilité pour l’ensemble de la société. Notre véritable métier, ce n’est pas juste d’indemniser, c’est de protéger, prévenir et accompagner.
L’assurance joue un rôle essentiel dans la dynamique collective : en protégeant chacun face aux aléas et aux incertitudes, elle crée la confiance nécessaire pour que la société puisse avancer, prendre des risques, entreprendre, innover et bâtir sereinement l’avenir.
Quel conseil donneriez-vous à un jeune qui hésite à se lancer dans l’assurance ?
Je lui dirais de ne pas choisir un secteur sur l’image qu’il en a a priori :
« Il n’est pas nécessaire d’avoir toujours rêvé de travailler dans l’assurance pour y trouver sa place et y construire une belle carrière.
Venez voir, échangez avec des professionnels, faites un stage ou une alternance : vous découvrirez probablement un univers beaucoup plus riche et dynamique que vous ne l’imaginez, et qui a du sens.
Et surtout, choisissez un métier dans lequel vous pourrez apprendre. L’assurance offre une vraie diversité de parcours et permet d’évoluer au fil de sa carrière. »
Quels sont, selon vous, les principaux freins à l’attractivité du secteur ?
L’assurance souffre d’une certaine méconnaissance. Le premier frein, c’est sans doute notre image, qui ne reflète ni la modernité de nos métiers ni leur utilité sociale.
Le deuxième frein est notre capacité insuffisante à montrer concrètement aux jeunes ce que nous pouvons leur apporter. Nous avons encore des efforts à faire pour mieux valoriser nos métiers, nos possibilités d’évolution et, en particulier pour les mutuelles, nos valeurs mutualistes et le sens de notre activité.
Le préjugé sur l’assurance que vous aimeriez faire tomber ?
Que l’assurance serait un secteur ennuyeux, administratif et peu innovant. Quand on travaille dans l’assurance santé, on est au contact de sujets aussi essentiels que la santé, la solidarité, la prévention, la digitalisation, la data, la cybersécurité ou les transformations démographiques. Nous devons comprendre les besoins de la société et imaginer les réponses de demain. L’assurance, ce n’est pas seulement gérer les risques d’aujourd’hui : c’est aussi contribuer à préparer la société de demain.
Votre plus belle surprise depuis que vous travaillez dans le secteur ?
Ma plus belle surprise, c’est probablement de découvrir à quel point ce secteur est humain. On pourrait imaginer que l’assurance est avant tout une affaire de contrats, de chiffres et de réglementation. En réalité, derrière tout cela, il y a des femmes et des hommes engagés au servi de nos adhérents, qui cherchent des solutions à des situations très concrètes.
J’ai aussi été frappé par le dynamisme de ce secteur, qui évolue sans cesse et se transforme.
L’engagement, dans votre quotidien professionnel, ça ressemble à quoi concrètement ?
Pour moi, l’engagement repose sur une conviction : agir pour l’intérêt collectif.
En tant que directeur de mutuelle, l’engagement commence par faire vivre les valeurs mutualistes dans les actions du quotidien. Cela signifie faire de la solidarité, de la démocratie, de la responsabilité et de l’utilité sociale des principes qui guident notre action. Cela signifie également garder en permanence à l’esprit notre responsabilité vis-à-vis de nos adhérents et notre rôle dans le système de protection sociale.
L’engagement se vit aussi dans les activités bénévoles extraprofessionnelles dans lesquelles on peut apporter son savoir faire professionnel : lors de mes quatre ans de présidence d’UDAF, cette conviction s’exprimait à travers la défense et la représentation des intérêts des familles, ainsi que l’accompagnement par les équipes opérationnelles de l’UDAF de 2000 majeurs protégés et de centaines de familles et de personnes en difficultés.
En un mot, l’assurance pour vous c’est… ?
Un secteur passionnant qui a une vraie utilité sociale !
Préparez-vous, les Talents de l’assurance, organisé par Vovoxx Média, reviendront en mars 2027.
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