Le panorama de sinistralité publié par Relyens le 9 juillet 2026 pointe une autre réalité préoccupante pour le secteur médico-social : les établissements pour personnes âgées et personnes handicapées concentrent, à eux seuls, plus des deux tiers des coûts climatiques du portefeuille assuré.
Un signal fort pour les assureurs et courtiers positionnés sur le grand âge.
Chiffres clés
- 69 % des coûts climatiques du portefeuille concentrés sur les structures médico-sociales (EHPAD, établissements pour personnes handicapées)
- 43 % des sinistres climatiques dus à l’action du vent (1er risque en fréquence)
- 35 % des coûts climatiques liés aux inondations et coulées de boue (1er risque en gravité)
Si le panorama Relyens distingue bien deux familles de risques : bâtimentaires et climatiques, c’est sur ce second volet que le déséquilibre entre types d’établissements apparaît le plus marqué. Les structures médico-sociales, EHPAD et établissements pour personnes handicapées en tête, concentrent 69 % des coûts climatiques de l’ensemble du portefeuille étudié par le groupe mutualiste sur la période 2016-2025.
Un chiffre que Relyens explique par un cumul de facteurs structurels : l’ancienneté du bâti, une qualité de conception initiale souvent en décalage avec les standards actuels, et une implantation géographique parfois défavorable au regard des aléas climatiques.
Le détail des risques climatiques confirme la logique fréquence/gravité déjà observée sur le volet bâtimentaire. Le vent constitue le premier risque en fréquence, à l’origine de 43 % des sinistres climatiques recensés. Mais ce sont les inondations et coulées de boue qui pèsent le plus lourd en gravité, représentant 35 % des coûts climatiques cumulés sur la décennie, loin devant l’action du vent (21 %) ou la grêle (20 %) sur ce même critère de gravité.
Cette double vulnérabilité structurelle et démographique prend une dimension particulière dans le secteur médico-social. Le panorama rappelle que les résidents les plus fragiles, notamment les personnes âgées dépendantes, sont les premiers à subir les conséquences opérationnelles d’un sinistre : transferts en urgence, interruption de la prise en charge, équipements biomédicaux hors service. La frontière entre dommage matériel et impact humain y est donc particulièrement ténue.
Relyens, qui revendique un positionnement de « Risk Manager » au-delà de la seule indemnisation, met en avant trois leviers de prévention directement transposables à ce segment : la connaissance fine du profil de risque de chaque établissement, l’action sur le bâti en amont du sinistre (protections passives, stocks tactiques pré-positionnés pour les aléas climatiques), et la formalisation d’un plan de continuité d’activité.
Pour les assureurs et courtiers accompagnant le secteur du grand âge, ce constat invite à une approche différenciée de la tarification et de l’accompagnement en prévention, tant les EHPAD apparaissent aujourd’hui comme un point de concentration disproportionné du risque climatique par rapport au reste du secteur sanitaire.

