RTL a inauguré son nouveau format « La preuve par trois » sur une question qui taraude de plus en plus d’assurés après un été marqué par les feux de forêt : les compagnies d’assurance continueront-elles à couvrir les particuliers face à la montée des sinistres climatiques ?
Trois éclairages se sont croisés sur le plateau. Pierre Herbulot, chef du service Économie sociale et transition écologique de RTL, a d’abord posé un distinguo essentiel : le régime CatNat, activé par arrêté préfectoral, couvre inondations et sécheresses, mais jamais les incendies, d’origine humaine dans 9 cas sur 10, qui relèvent uniquement des garanties contractuelles. Il a aussi resitué la hausse de la surprime CatNat (12 à 20 % en habitation, 6 à 9 % en auto depuis janvier) comme un rattrapage après vingt-cinq ans sans révision, qui a permis de ramener le régime à l’équilibre.
Yves Moalic, porte-parole de l’association Les oubliés de la canicule, a témoigné des résiliations ciblées subies par des sinistrés du retrait-gonflement des argiles (RGA), phénomène qui concerne « potentiellement 55 % des pavillons français, 16 millions de maisons, dont 10,4 millions en risque moyen ou fort« . Il a cité les projections France Assureurs/CCR : 12 milliards d’euros d’indemnisations RGA attendues sur 2027-2031, pour un parcours d’indemnisation où seul un quart des dossiers déclarés aboutit.
Olivier Moustacakis, cofondateur du comparateur Assurland.com, a nuancé le scénario d’un retrait généralisé : pas de zone blanche assurantielle en France, mais une concurrence réduite dans les zones sinistrées qui fait grimper les prix (+20 % en un an en Nouvelle-Aquitaine). Il a défendu la prévention, débroussaillement, franchises jusqu’à 5 000 €, comme la vraie ligne de défense du secteur, tout en pointant les permis de construire encore délivrés en zone inondable.
Au passage, une question mérite d’être posée à la lecture de cet échange : pourquoi aucun assureur, ni France Assureurs, ni un porte-parole de compagnie, n’a-t-il été invité à s’exprimer directement, alors que c’est un comparateur, acteur de la distribution et non du risque porté, qui a occupé ce rôle ? Et qui est présenté comme » représentant des assureurs »…

