Cet été, nous vous embarquons dans le Carnet de route de l’assurance engagée, le livre d’Enola Gambey : trente-huit histoires, trente-huit lieux, un tour de France de vies ordinaires bousculées par l’imprévu. Chaque récit s’ancre dans un dispositif engagé bien réel du secteur, et chaque personnage vous mène au suivant. Une histoire par semaine, pour redécouvrir l’assurance en partenaire de vie inattendu.
Nolann Grech a quinze ans, un poignet fracturé qui commence à cicatriser, et un rapport de stage à rendre avant la fin du trimestre.
Certains de ses camarades ont déjà trouvé leurs stages de fin d’année, chez un oncle, dans le garage du père d’un copain, dans la boutique de la cousine. C’est comme ça que ça marche au collège. On demande à quelqu’un qui connaît quelqu’un.
Nolann ne connaît personne.
Sa mère est aide-soignante, elle travaille tôt et finit tard. Son père n’est plus là depuis longtemps. Autour de lui, les adultes soignent, conduisent, livrent, nettoient. Personne ne travaille dans un bureau avec un badge autour du cou et une vue sur Paris. Ce monde-là, Nolann l’a vu dans des séries.
Son professeur principal s’appelle M. Benchikh. C’est lui qui l’arrête un matin dans le couloir.
– T’as trouvé ton stage ?
– Pas encore.
– Viens me voir à midi.
Benchikh lui parle de ViensVoirMonTaf. Une association dont l’idée est simple : permettre aux élèves sans réseau de faire un vrai stage, dans une entreprise avec des professionnels qui prennent le temps. Pas un stage où l’on range des cartons et prépare des cafés.
– Tu candidates et si t’es sélectionné, tu y vas pendant une semaine
Nolann regarde la fiche. Des tours de verre à Paris. Des gens en costume.
– C’est quoi comme entreprise ?
– Assurances.
Il ne sait pas exactement ce que ça veut dire, les assurances. Il sait que sa mère en a une pour la voiture et que ça coûte cher. C’est à peu près tout.
– J’essaie ?
– T’essaies.
Il est sélectionné.
Le lundi matin, il prend le RER seul depuis Bagnolet. Il a mis sa plus belle veste, celle du mariage de son cousin, un peu grande aux épaules. Dans le train, il observe les gens, tous pressés de rejoindre leur travail à l’heure.
Les Tours sont immenses. Le badge qu’on lui remet à l’accueil est à son nom, avec sa photo. Nolann. Stagiaire. Il le lit deux fois.
Marie-Laure l’attend à la sortie des ascenseurs.
Quarante ans, cheveux attachés, une façon de marcher qui dit qu’elle sait où elle va. Elle lui serre la main comme à un adulte, pas la main molle qu’on tend à un enfant.
– Bienvenue. T’as trouvé facilement ?
– Ouais. Le RER c’est direct.
– Bien. Cette semaine, je suis ta référente. Tu me poses toutes tes questions, même celles que tu crois idiotes. Surtout celles-là.
Nolann hoche la tête. Il ne sait pas encore quoi demander.
La semaine passe vite, et lentement à la fois.
Le matin, des ateliers. On lui explique ce qu’est une assurance, pas la définition du dictionnaire, le concret : pourquoi les gens en ont besoin, ce qu’il se passe quand une maison brûle ou qu’une voiture percute un mur à cinq heures du matin sur une départementale. Il pense à son accident de skateboard.
L’après-midi, il suit Marie-Laure. Il observe. Elle a des réunions, des dossiers, des décisions à prendre. Parfois elle lui explique ce qu’elle fait, pourquoi. D’autres fois elle lui demande s’il a compris et il dit oui même quand c’est pas tout à fait vrai, puis elle reprend autrement jusqu’à ce que ce soit vrai.
Un jour, il lui demande comment elle a atterri là.
– Yvelines, dit-elle. J’ai grandi à Poissy. Mes parents tenaient un restaurant. Personne n’aurait parié que je finirais ici.
– Et t’as fait comment ?
– J’ai eu des gens qui ont pris le temps. Comme on prend le temps avec toi cette semaine.
Nolann regarde par la vitre. Paris en contrebas, les toits, la Seine. Il n’avait jamais vu la ville comme ça.
Le vendredi, chaque stagiaire doit pitcher devant un groupe de collaborateurs. Deux minutes pour raconter ce qu’il a appris, ce qu’il retient de cette semaine. Nolann a préparé ses notes sur son téléphone. Il les relit dans les toilettes cinq minutes avant.
Quand son tour vient, il se lève. Il y a une vingtaine de personnes dans la salle. Il pense à M. Benchikh, à sa mère, à la veste trop grande.
Il parle deux minutes et demie.
À la fin, Marie-Laure applaudit la première.
Dans le RER du retour, Nolann tient son badge dans la main. Nolann. Stagiaire. Il ne l’a pas rendu, Marie-Laure lui a permis de le garder.
Il envoie un message à sa mère.
C’était bien.
Elle répond immédiatement, comme toujours.
Je suis fière de toi.
Il regarde le badge encore un moment et le glisse dans sa poche.
Depuis 2022, BPCE Assurances s’engage aux côtés de l’association ViensVoirMonTaf pour accueillir des collégiens de troisième issus d’établissements classés en réseau d’éducation prioritaire, dans le cadre de leur stage de découverte et d’observation en milieu professionnel. Pendant une semaine, ces jeunes s’immergent dans l’entreprise, découvrent des métiers, se constituent un premier réseau et apprennent à pitcher en public.
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Les Trophées de l’Engagement reviennent pour une 2e édition ! Acteurs du secteur de l’assurance : valorisez vos initiatives à impact dans une ou plusieurs catégories (Solidarité, Santé, Environnement, Prévention, Proximité, Prix du Public et le nouveau Prix Impact Score). Dossiers à déposer avant le 15 octobre 2026, cérémonie le lundi 14 décembre 2026 à Paris (sur invitation).

