Climat : scientifiques et assureurs unissent leurs forces

La France a enregistré en 2025 une température moyenne supérieure de 2,5 °C à l’ère préindustrielle. Alors que les dommages liés au climat touchent déjà une majorité de Français, scientifiques, météorologues et assureurs misent sur des alertes plus ciblées.

En 2025, la France a franchi un seuil de chaleur inédit, avec une température moyenne supérieure de 2,5 °C à celle de l’ère préindustrielle, selon Météo-France. L’établissement estime que 1,8 °C de ce réchauffement relèvent des seules activités humaines. À Paris, cette hausse est encore accentuée par l’îlot de chaleur urbain, qui peut faire grimper les températures nocturnes de 8 à 9 °C supplémentaires en période de canicule.

Les projections avancées par Météo-France confirment une aggravation attendue des épisodes extrêmes. Dans le cadre de la trajectoire de référence pour l’adaptation au changement climatique, le nombre de jours en vague de chaleur pourrait être multiplié par 10 d’ici à 2100, tandis que les nuits chaudes seraient cinq fois plus nombreuses. La température annuelle moyenne de Paris pourrait alors se rapprocher de celle de Montpellier.

Cette évolution nourrit une vigilance croissante dans la société. D’après un sondage Odoxa pour Generali, 56 % des Français disent avoir déjà subi un dommage lié à un événement climatique sur leur logement ou leurs biens. Tempêtes et vents violents arrivent en tête, devant la grêle, la sécheresse et les inondations. Si 81 % des personnes interrogées consultent la météo presque tous les jours et 82 % affirment adapter leur comportement en cas d’alerte, seuls 51 % se disent réellement prêtes à faire face à des événements extrêmes. Dans ce contexte, 53 % déclarent faire confiance à leur assureur pour les aider à se prémunir contre ces risques.

Pour améliorer la prévention, les acteurs du secteur mettent en avant les progrès de la science, de la data et de l’intelligence artificielle. Le Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme (CEPMMT), qui alimente notamment Météo-France, reçoit chaque jour 800 millions d’observations et s’appuie sur des modèles physiques comme sur des modèles d’intelligence artificielle de nouvelle génération. Selon le Dr Matthieu Chevallier, du CEPMMT, « la météo ne connaît pas de frontières », ce qui rend la coopération scientifique européenne indispensable.

Generali affirme s’appuyer sur cette chaîne scientifique pour affiner sa communication de crise et sa relation client. Son service Generali Prévention Météo, développé avec Predict Services, alerte plus de 1,2 million de clients à l’échelle communale. L’assureur propose aussi une plateforme gratuite de diagnostic d’exposition aux risques climatiques. Pour Simon Blaquière, directeur du Generali Climate Lab, il s’agit de « transformer l’information météo et climatique en outils concrets ».

Météo-France a par ailleurs officialisé son entrée parmi les partenaires scientifiques du Ballon Generali, dans le parc André-Citroën à Paris. Le site doit accueillir de nouveaux dispositifs d’observation et de sensibilisation. « Le Ballon Generali est bien plus qu’une attraction touristique : c’est aussi un observatoire atmosphérique unique au cœur de Paris. En accueillant aujourd’hui Météo-France parmi ses partenaires scientifiques, nous renforçons sa vocation pédagogique et scientifique au service du grand public. » Jérôme Giacomoni et Matthieu Gobbi, Co-fondateurs d’Aérophile, exploitant du Ballon Generali.

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