Épargne : les jeunes privilégient l’impact

Face aux incertitudes, les Français recentrent leur épargne sur la sécurité, selon le sondage annuel OpinionWay pour France Active et FAIR. Mais les plus jeunes font exception : ils voient de plus en plus leur épargne comme un moyen d’agir sur la société.

À l’approche de la Semaine de la Finance Solidaire, qui se déroulera du 9 au 15 novembre 2026, France Active et FAIR publient la cinquième édition de leur sondage OpinionWay « Les Français et l’épargne solidaire ». Premier constat : après plusieurs années record, les intentions d’épargne marquent le pas. 56 % des Français comptent épargner autant ou plus en 2027, soit un recul de six points. Parmi ceux qui veulent mettre davantage de côté, 82 % invoquent au moins une raison liée au contexte économique et politique. La finalité solidaire, elle, passe au second plan, citée par 22 % des Français seulement.

L’épargne solidaire, un marqueur générationnel 

Si 80 % des 18-24 ans comptent épargner autant ou plus (en hausse de neuf points), ils donnent surtout un sens citoyen à leur argent : 34 % des 18-24 ans et 35 % des 25-34 ans assignent une finalité solidaire à leur épargne, contre 22 % de l’ensemble.

Plus parlant encore, 73 % des 18-24 ans considèrent leurs choix d’épargne comme une forme de vote qui pèse sur l’avenir de la société, soit huit points de plus en un an, contre seulement 18 % des plus de 65 ans. Là où les générations âgées privilégient la sécurité et la disponibilité du capital, les plus jeunes intègrent nettement l’impact social et environnemental dans leurs arbitrages.

« Dans le contexte actuel, les Français considèrent majoritairement leur épargne comme un rempart à l’incertitude. C’est sans compter les nouvelles générations, de plus en plus conscientes du rôle de leur épargne : celui d’une épargne de précaution, mais qui contribue aussi aux enjeux de la société. », explique explique Patrick Sapy, directeur général de FAIR, le collectif de la finance solidaire.

Des causes claires à soutenir

Reste un frein persistant : 63 % des Français s’estiment encore mal informés sur les produits solidaires. Pourtant, ils savent quelles causes soutenir : la transition écologique en tête (47 %), devant le lien social et la réduction des inégalités (45 %, en forte progression) et l’insertion professionnelle (42 %).

« L’épargne solidaire ne changera véritablement d’échelle que si elle devient accessible à tous. Aujourd’hui, environ 11 millions de salariés bénéficient de l’épargne salariale, tandis que 17 millions en restent exclus. Notre ambition est d’en faire un dispositif progressivement universel etde permettre à chacun, via l’épargne salariale comme l’assurance-vie, de consacrer une part de son épargne au financement de projets à impact social et environnemental. » conclut Pierre-René Lemas.

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