Absentéisme : moins d’arrêts, mais plus longs

Le taux d’absentéisme atteint 6 % au premier semestre 2026, selon la 10e édition du baromètre Verlingue. En hausse de 2 % sur un an, il progresse alors même que la part des salariés arrêtés recule. En cause : des arrêts de plus en plus longs, concentrés chez les femmes, les employés et les cadres.

Le courtier en assurances Verlingue, spécialisé dans la protection des entreprises, livre un constat en apparence paradoxal. Au premier semestre 2026, le taux d’absentéisme s’établit à 6 %, contre 5,9 % un an plus tôt et 5,5 % en 2024, soit une progression de 9 % en deux ans. Pourtant, l’exposition aux arrêts diminue : 29,2 % des salariés ont été arrêtés au moins une journée, en recul de 6 % sur un an. Ce qui pèse, c’est la durée. Les arrêts durent désormais 19,9 jours en moyenne, en hausse de 5 %.

« L’absentéisme ne se résume plus à une question de fréquence des arrêts. Leur allongement, notamment chez certaines populations, constitue un signal important pour les entreprises », analyse Laurence Abiven, directeur actuariat chez Verlingue.

Des profils très inégaux et une facture qui grimpe

Les écarts entre populations sont marqués. Le taux atteint 7,6 % chez les femmes, contre 4,6 % chez les hommes, et progresse de 4 % sur un an là où il recule chez ces derniers. Les employés affichent 7,7 % et les cadres 2,9 %, ces derniers connaissant un net allongement de la durée de leurs arrêts. La hausse touche surtout les moins de 45 ans, et les femmes employées de cette tranche d’âge cumulent les niveaux les plus élevés, à 9,1 %.

Les arrêts de 31 jours et plus concentrent désormais 73 % des jours d’absence. Les arrêts de plus de 60 jours observés en 2025 tiennent surtout aux risques psychosociaux et aux troubles musculo-squelettiques, avec des durées moyennes respectives de 195 et 209 jours.

La Santé reste le secteur le plus exposé, à 8,5 % devant l’Agroalimentaire et les Transports. Conséquence directe, le coût du maintien de salaire augmente de 4 % sur un an, sachant que les coûts indirects liés aux absences peuvent représenter deux à quatre fois ce montant.

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