Moins spectaculaire qu’un incendie mais bien plus fréquent, le dégât des eaux s’impose, dans le récent panorama publié par Relyens, comme le premier poste de sinistralité bâtimentaire en volume. Un risque du quotidien dont l’effet cumulé mérite toute l’attention des directions d’établissements et de leurs assureurs.
Chiffres clés :
- 28 % des sinistres bâtimentaires sont des dégâts des eaux
- Soit plus de 8 000 cas recensés sur dix ans (2016-2025)
- 31 % en tête du classement fréquence, devant les bris de glace (22 %) et les infiltrations (18 %)
- 180 M€ de dommages cumulés sur l’ensemble du panorama (bâtimentaire et climatique)
Dans le panorama de sinistralité dévoilé par Relyens, un enseignement s’impose d’emblée : le risque le plus fréquent dans les établissements de soins n’est ni le plus spectaculaire, ni le plus coûteux à l’unité, mais bien le dégât des eaux. Fuites, ruptures de canalisation ou débordements représentent 28 % de l’ensemble des sinistres bâtimentaires recensés sur la décennie, soit plus de 8 000 cas, de très loin le premier poste en nombre, devant les bris de glace (22 %) et les infiltrations (18 %).
Pris isolément, chacun de ces sinistres reste généralement limité en coût. Mais le panorama insiste sur un point souvent sous-estimé : leur accumulation pèse lourd sur les budgets de maintenance et de réhabilitation, et leurs conséquences opérationnelles peuvent être immédiates et disproportionnées par rapport à leur coût matériel apparent.
Relyens cite l’exemple d’une rupture de canalisation survenant au-dessus d’un bloc opératoire, suffisante à elle seule pour provoquer sa fermeture et le report d’interventions programmées, une conséquence sur la continuité des soins sans commune mesure avec le montant du sinistre lui-même.
Ce constat s’inscrit dans un message plus large porté par Relyens à travers ce panorama : le coût réel d’un sinistre en établissement de soins ne se limite jamais au seul dommage matériel indemnisé. Fermetures de services, reports d’interventions, transferts de patients en urgence, les 180 millions d’euros de dommages cumulés sur dix ans ne reflètent, selon le groupe mutualiste, qu’une partie du coût réel supporté par les établissements et par les patients les plus vulnérables.
Face à ce risque diffus mais massif en volume, Relyens met en avant l’action sur le bâti avant le sinistre comme premier rempart : maintenance préventive, contrôle régulier des installations, protection ciblée des locaux techniques les plus sensibles.
Pour les directions d’établissements comme pour leurs assureurs, l’enjeu n’est donc pas seulement de couvrir le risque, mais d’objectiver, grâce à des données consolidées sur dix ans comme celles publiées par Relyens, les points de vulnérabilité récurrents qui échappent à l’analyse au cas par cas.
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