Assurance : cinq mutations structurantes attendues en 2026

Dans un contexte marqué par l’incertitude économique et géopolitique, Accenture précise que les assureurs entrent en 2026 dans une transformation profonde de leurs modèles. Quelques éléments de leur analyse.

Le vieillissement devient un enjeu global de protection

Le vieillissement de la population ne peut plus être traité comme une simple problématique de financement de la retraite. D’ici fin 2026, les assureurs devraient adopter une approche plus globale, intégrant assurance vie, santé et prévoyance dans une logique continue d’accompagnement des parcours de vie. Cette évolution répond à des risques interconnectés mêlant revenus, santé, autonomie et dépendance, avec des impacts directs sur la sinistralité et la fidélisation.

L’enjeu réside dans la capacité à engager les assurés plus tôt et de manière régulière. Des parcours fluides, appuyés par la data et l’intelligence artificielle, permettent d’améliorer les comportements d’épargne, les choix de couverture et l’adéquation des garanties. La technologie devient ainsi un levier clé pour concilier personnalisation, prévention et rentabilité à grande échelle.

L’intelligence artificielle comme colonne vertébrale opérationnelle

En 2026, l’intelligence artificielle ne se limite plus à l’automatisation de tâches isolées. Elle tend à fusionner intention, processus et exécution dans un modèle opérationnel unifié. Accenture anticipe la généralisation de workbenches IA, environnements structurés permettant aux équipes métier de piloter des activités complexes, tout en intégrant des garde-fous humains et des exigences de conformité.

Cette approche repose sur des fondations data solides, une orchestration fine des systèmes et une gouvernance claire des décisions automatisées. Les assureurs les plus avancés seront ceux capables d’industrialiser l’IA de façon sécurisée, en réduisant les coûts unitaires sans dégrader la maîtrise des risques ni la qualité de la relation clients.

Une distribution remodelée par le commerce agentique

La distribution de l’assurance connaît une inflexion majeure avec l’émergence du commerce agentique. Les agents d’IA deviennent progressivement des intermédiaires de décision, capables de comparer, d’assembler et d’exécuter des choix de couverture pour le compte des clients. Dans ce contexte, la visibilité des offres auprès de ces systèmes devient stratégique.

L’enjeu n’est plus seulement l’interface client, mais la capacité des produits d’assurance à être compris, comparés et intégrés par des moteurs décisionnels automatisés. La transparence des garanties, la lisibilité des règles de souscription et la cohérence tarifaire deviennent des facteurs clés de compétitivité.

Des plateformes pensées comme moteurs d’innovation

Les plateformes cœur de métier évoluent d’un rôle transactionnel vers des architectures modulaires orientées innovation. Cloud-native, API-first et pilotées par la donnée, elles permettent de raccourcir les cycles de mise sur le marché et de tester plus rapidement de nouveaux produits et services. La donnée passe d’un usage analytique a posteriori à un levier d’action en temps quasi réel, notamment en tarification et en prévention.

Cette transformation concerne particulièrement l’assurance dommages, où les modèles plateforme et opérations se développent, distinguant plus clairement les capacités différenciantes des fonctions commoditisées.

Le B2B2C s’impose comme relais de croissance

Enfin, le modèle B2B2C devient un moteur central de développement. L’assurance embarquée s’intègre directement aux moments de décision dans les parcours d’achat, qu’il s’agisse de mobilité, d’habitat, de commerce ou de services digitaux. La capacité à proposer des produits simples, intégrables et flexibles conditionne la réussite de ces partenariats.

Cette évolution renforce le rôle de l’assurance comme service, au croisement de la prévention, de la protection et de l’expérience utilisateur, tout en redéfinissant les équilibres traditionnels de la distribution.

 

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