Données et fraude : nouveaux équilibres en assurance

Face à l’industrialisation des fraudes numériques, les banques et les assureurs revoient leurs priorités en matière de sécurité et de conformité

L’étude menée par Xerfi pour Signaturit Group met en évidence une hausse significative des tentatives de fraude au cours des douze derniers mois. Près de deux tiers des acteurs interrogés dans la banque et l’assurance déclarent avoir constaté une augmentation des attaques, souvent plus sophistiquées et industrialisées. Cette évolution traduit un changement d’échelle, porté notamment par l’utilisation croissante de technologies automatisées et d’intelligence artificielle par les réseaux frauduleux.

Pour le secteur de l’assurance, ces données confirment que la fraude et la cybersécurité ne relèvent plus uniquement de la gestion des sinistres, mais constituent un enjeu structurant de la relation clients, de la distribution et de la confiance.

La donnée au cœur des parcours digitaux sécurisés

Dans des environnements de plus en plus dématérialisés, la donnée devient un actif stratégique pour détecter les anomalies et sécuriser les transactions. Les résultats de l’étude soulignent une exposition accrue aux fraudes liées à l’identité et aux documents, des risques difficiles à appréhender sans outils d’analyse avancés.

Les assureurs s’appuient désormais sur des dispositifs capables de croiser données comportementales, documents justificatifs et signaux faibles afin de renforcer les contrôles tout au long du parcours client. Cette approche data-driven permet de concilier fluidité des usages et exigences de conformité, notamment dans les phases d’onboarding et de souscription.

Conformité réglementaire et automatisation des contrôles

La pression réglementaire renforce le besoin de structurer l’exploitation des données. Les priorités identifiées par les établissements interrogés portent sur l’amélioration des processus de connaissance client, ou KYC pour Know Your Customer, et sur l’automatisation des contrôles de conformité. Ces chantiers visent à réduire les risques tout en limitant les coûts opérationnels.

Dans ce contexte, l’innovation technologique apparaît comme un levier d’optimisation des organisations. L’automatisation permet d’assurer une traçabilité accrue des décisions, un point clé pour répondre aux exigences des autorités de contrôle et sécuriser les pratiques internes des assureurs.

Intelligence artificielle et gouvernance des données

Plus de la moitié des banques et assurances interrogées déclarent déjà utiliser des solutions reposant sur l’intelligence artificielle. Pour 69 % d’entre elles, l’objectif principal reste le gain de temps et l’automatisation de tâches à faible valeur ajoutée. La capacité de l’IA à traiter des volumes massifs de données renforce son rôle dans la détection de la fraude et l’analyse des risques.

Toutefois, l’étude met en lumière un décalage entre les usages et la gouvernance. Moins d’une entreprise sur deux a mis en place des mesures internes spécifiques pour encadrer les risques induits par l’IA. Pour les professionnels de l’assurance, cette situation pose la question de l’équilibre entre innovation, maîtrise des risques et conformité réglementaire.

Vers une approche intégrée de la sécurité des données

Les enseignements de l’étude confirment que la lutte contre la fraude ne peut plus être envisagée de manière isolée. Elle s’inscrit désormais dans une stratégie globale associant données, cybersécurité et organisation des processus. Cette approche intégrée constitue un facteur clé de compétitivité dans un contexte de montée en puissance des fintechs et insurtechs.

Pour les assureurs, la donnée devient ainsi un outil central pour sécuriser les parcours, renforcer la confiance et adapter les produits et services aux nouveaux usages numériques.

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