En matière d’investissement, une partie de la génération Z se « forme » désormais hors des circuits traditionnels, en s’appuyant massivement sur YouTube et les réseaux sociaux.
L’accès simplifié aux marchés financiers via des applications mobiles a profondément modifié les parcours d’entrée en Bourse. Les données montrent qu’une proportion croissante de jeunes adultes se détourne des rendez-vous en agence pour apprendre les bases de l’investissement à travers des contenus vidéo. Tutoriels sur le Plan d’Épargne en Actions, ou PEA, explications sur les fonds indiciels cotés, appelés ETF pour Exchange Traded Funds, ou retours d’expérience personnel constituent désormais une source majeure d’information.
Ce phénomène intervient dans un contexte où l’épargne réglementée, comme le Livret A, perd de son attractivité. La baisse de son rendement incite les jeunes épargnants à comparer, analyser et arbitrer à partir de données accessibles en ligne, souvent présentées de manière simplifiée (voire simpliste) et pédagogique. Pour les professionnels de l’assurance, cette évolution souligne le rôle croissant des données financières vulgarisées dans les décisions patrimoniales des nouvelles générations.
Réseaux sociaux et décisions d’investissement
Les chiffres issus des études récentes confirment l’ampleur du mouvement. Une majorité des moins de 35 ans déclare rechercher des conseils financiers sur YouTube, et une part significative de la génération Z affirme avoir déjà investi après une recommandation vue sur un réseau social. Ces données traduisent un déplacement du centre de gravité du conseil, des institutions vers les plateformes numériques.
Dans ce nouvel écosystème, les finfluenceurs occupent une place centrale. Ils produisent et diffusent des analyses, des simulations de performance ou des stratégies d’investissement qui influencent directement les comportements. Pour les acteurs de l’assurance et du patrimoine, ces flux de données non encadrés posent la question de la fiabilité des informations et de la capacité des jeunes investisseurs à interpréter correctement les risques.
Un exemple, parmi tant d’autres…
Des risques amplifiés par la circulation de données trompeuses
L’autonomie accrue des investisseurs s’accompagne d’une exposition renforcée aux fraudes financières. Les données compilées par les autorités de régulation estiment que les pertes liées aux escroqueries diffusées via les réseaux sociaux atteignent plusieurs centaines de millions d’euros chaque année. Faux livrets, promesses de rendements irréalistes et usurpations d’identité exploitent la viralité des plateformes et la confiance accordée aux créateurs de contenus.
Cette situation met en lumière un paradoxe. Les enquêtes montrent que la majorité des jeunes est consciente du risque de manipulation, tout en continuant à s’appuyer sur ces sources pour se former. Pour le secteur de l’assurance, ces données soulignent l’importance de renforcer les dispositifs de prévention, notamment autour des risques financiers et de la cybersécurité, déjà abordés dans nos analyses sur la relation clients et la protection des personnes.
Le repositionnement des acteurs traditionnels
Face à cette évolution, le rôle du conseiller bancaire et des intermédiaires financiers ne disparaît pas, mais se transforme. Les données indiquent que les institutions restent associées à la sécurité, au cadre réglementaire et à la vision globale du patrimoine. Elles interviennent davantage en aval, pour sécuriser ou valider des choix initiés ailleurs.
Pour les assureurs, cette mutation représente un enjeu stratégique. Comprendre les données d’usages de la génération Z permet d’adapter les offres, les parcours digitaux et les actions de communication. L’enjeu n’est plus seulement de distribuer des produits, mais d’accompagner des investisseurs formés par des canaux externes, avec des niveaux de connaissance hétérogènes.
Données comportementales et prévention financière
L’essor de YouTube comme espace d’apprentissage financier met en évidence la nécessité d’une éducation économique fondée sur des données fiables. Les initiatives de pédagogie portées par les autorités, comme celles de l’Autorité des marchés financiers, illustrent une prise de conscience collective face aux risques induits par la désintermédiation.

