Inflation, tensions géopolitiques, cyberattaques, catastrophes naturelles : les Français cumulent les inquiétudes et doutent de pouvoir s’en protéger.
C’est ce que montre le Baromètre Assurances 2026 de BPCE L’Observatoire, publié aujourd’hui. Les Français épargnent moins, s’inquiètent pour leur retraite et attendent de leur assureur qu’il les aide à prévenir les risques, pas seulement qu’il les indemnise. Le Groupe BPCE a croisé ces déclarations avec les comportements de près de 8 millions d’assurés de ses réseaux.
À retenir
- L’inflation reste la première préoccupation (84 %), devant les tensions géopolitiques (73 %), l’insécurité des biens et des personnes (70 %), les cyberattaques (65 %) et les catastrophes naturelles (60 %).
- 71 % des Français estiment que ces risques sont difficiles à bien assurer.
- 77 % attendent de leur assureur des solutions de prévention
- Les Français se partagent entre protection et prix
Les risques s’additionnent
Le baromètre décrit des Français exposés à plusieurs risques à la fois. L’inflation et le coût de la vie restent en tête des préoccupations (84 %). Viennent ensuite les tensions géopolitiques (73 %), l’insécurité des biens et des personnes (70 %), les cyberattaques (65 %) et les catastrophes naturelles (60 %). Les crises sanitaires (56 %), les émeutes (49 %), les pénuries d’énergie (47 %), le chômage (43 %) et le vieillissement de la population (42 %) complètent la liste.
Pour les assureurs, un chiffre ressort : 71 % des Français jugent ces risques difficiles à assurer correctement. Cela pose la question de l’assurabilité de risques nouveaux ou plus fréquents, comme le cyber, le climat et les violences urbaines, et de la façon dont les assureurs les présentent à leurs clients.
Les données internes de BPCE Assurances confirment l’exposition au risque climatique. 12 % de ses assurés sont exposés à un risque d’inondation élevé ou très élevé, et 17 % à un fort risque de sécheresse, qui fait notamment fissurer les maisons par retrait-gonflement des argiles.
Les assurés attendent de la prévention
C’est l’enseignement le plus important pour le marché. 77 % des Français attendent de leur assureur des solutions de prévention, soit davantage que ceux qui attendent d’abord une indemnisation en cas de sinistre (73 %). Lorsqu’ils choisissent un contrat, ils regardent d’abord la rapidité et l’efficacité de l’indemnisation (26 %), puis le prix (25 %) et l’adaptation des garanties à leur situation (23 %). Ces trois critères arrivent presque à égalité.
Sur le prix, les avis sont partagés. 36 % des Français accepteraient de payer plus cher pour une protection élevée, tandis que 30 % préféreraient une protection réduite en échange d’une cotisation plus basse. Dans un contexte de hausse des tarifs en habitation et en automobile, ce partage invite les assureurs à proposer des offres modulables.
Pour Corinne Cipière, directrice générale du pôle Assurances du Groupe BPCE, l’assureur doit désormais « dépasser la seule logique de réparation financière ». Il doit devenir un partenaire de confiance, capable d’anticiper les risques pour mieux protéger les personnes et les biens.
Une épargne ralentie par la baisse du pouvoir d’achat
Le pouvoir d’achat pèse sur la capacité à épargner. 28 % des Français pensent épargner moins cette année, contre 20 % en 2025. Ceux qui pensent épargner davantage ne sont plus que 16 %, soit 8 points de moins. La première raison d’épargner reste la précaution : 39 % mettent de l’argent de côté « pour les coups durs », 15 % pour financer leurs vacances et 10 % pour acheter un bien immobilier.
Les épargnants recherchent avant tout la sécurité. Ils privilégient une épargne disponible à tout moment (38 %), puis une épargne protégée et sans risque (32 %). Le rendement n’est cité que par 17 % d’entre eux, et l’investissement éthique par 4 %.
L’assurance vie, solution d’épargne préférée des Français quel que soit leur âge, reste pourtant dynamique chez BPCE Assurances. Sa collecte brute est passée de 9,5 à 16 milliards d’euros entre 2017 et 2025 (+68 %). Les assurés y laissent aussi davantage leur argent : en 2025, les rachats transférés vers les comptes courants sont tombés à 3,9 %, leur plus bas niveau historique, contre 5,9 % en 2011.
Retraite, l’inquiétude gagne du terrain
68 % des Français craignent de ne pas percevoir une retraite suffisante. Pourtant, seuls 43 % des actifs épargnent pour leur retraite, un chiffre en recul de 13 points sur un an. Les écarts sont importants : 62 % des cadres le font. Dans le même temps, l’adhésion à la retraite par capitalisation progresse nettement : 69 % y sont favorables, soit 16 points de plus qu’en 2025.
Ce soutien se retrouve dans les souscriptions. Dans les réseaux Banque Populaire et Caisse d’Epargne, les cotisations aux produits de retraite individuelle ont été multipliées par 13 entre 2018 et 2025, pour atteindre 1 milliard d’euros en 2025. Les jeunes s’y intéressent aussi : les moins de 30 ans représentent 15 % des souscripteurs du PER individuel de BPCE Assurances, contre 10 % des souscriptions d’assurance-vie classique.
Logement, de plus en plus difficile à acquérir
Le baromètre relève enfin une forte envie de changement en matière de logement. 85 % des Français souhaitent changer quelque chose à leur logement (+4 points) et 43 % envisagent de déménager dans les trois prochaines années (+4 points). Cette proportion atteint 69 % chez les 18-24 ans et 56 % en Île-de-France. Quatre Français sur dix envisagent de gros travaux de rénovation, et 47 % jugent important de devenir propriétaires de leur résidence principale.
Devenir propriétaire demande toutefois un effort croissant. Selon CEGC, la filiale de cautionnement du groupe, l’apport personnel demandé aux primo-accédants est passé d’environ 10 % en 2020 à 16 % ces deux dernières années. La durée moyenne des prêts est passée d’environ 18 ans en 2005 à près de 20 ans en 2015, puis à 22 ou 23 ans début 2026. Pour les assureurs, cela a des conséquences sur l’assurance emprunteur et sur l’assurance habitation des nouveaux propriétaires.
Des déclarations confirmées par les comportements
La particularité de ce baromètre est de comparer les réponses des Français aux données réelles de près de 8 millions d’assurés. Pour José Bardaji, directeur Études & Prospective du Groupe BPCE, cette comparaison montre « souvent un alignement entre les souhaits exprimés et les faits constatés ». La forte collecte en assurance vie et la progression du PER individuel vont dans le sens des inquiétudes exprimées sur l’épargne et la retraite. La hausse des sinistres climatiques donne du poids à la demande de prévention.
Sources
Groupe BPCE, communiqué de presse Crise du pouvoir d’achat, catastrophes naturelles, tensions géopolitiques : les comportements des Français face aux risques, 15 octobre 2026.
Baromètre Assurances de BPCE L’Observatoire, 2026. Enquête Viavoice réalisée en ligne du 8 au 27 mai 2026 auprès de 2 000 personnes de 18 ans et plus, représentatives de la population de France métropolitaine (méthode des quotas). Données comportementales issues de près de 8 millions d’assurés des Banques Populaires et des Caisses d’Epargne (BPCE Assurances, CEGC).
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