Assureurs : optimistes malgré la récession et les tensions

Malgré des inquiétudes croissantes concernant une possible récession aux États-Unis et des tensions géopolitiques persistantes, les assureurs restent confiants quant à la performance des marchés en 2026.

Selon la 15ᵉ enquête annuelle de Goldman Sachs Asset Management, 88 % des professionnels du secteur anticipent une progression de l’indice S&P 500 cette année, tandis que 62 % prévoient d’accroître leur exposition aux actifs privés. Une stratégie qui reflète leur quête de diversification et de rendements durables, dans un environnement économique de plus en plus complexe.

Quelques chiffres clés à retenir :

  • 88 % des assureurs anticipent une hausse du S&P 500 en 2026.
  • 62 % des assureurs comptent augmenter leur allocation aux actifs privés.
  • 55 % des assureurs prévoient une récession aux États-Unis d’ici trois ans.
  • 62 % des assureurs utilisent déjà l’IA, 34 % envisagent de le faire.
  • 38 % des assureurs veulent augmenter leur exposition au financement adossé à des actifs.

Un optimisme prudent face aux risques macroéconomiques

Les résultats de l’enquête Adaptation in Action révèlent un paradoxe : bien que 52 % des assureurs citent le ralentissement économique américain et les tensions géopolitiques comme principaux risques pour leurs portefeuilles, leur confiance dans les marchés actions reste intacte. Ainsi, 55 % d’entre eux estiment que le S&P 500 pourrait afficher un rendement total compris entre 5 % et 10 % en 2026, tandis que Goldman Sachs Global Investment Research table même sur une performance de 12 %.

« Les assureurs sont des investisseurs avertis, capables de naviguer dans les cycles de crédit et de saisir les opportunités sur des marchés volatils », souligne Mike Siegel, responsable mondial de la gestion d’actifs pour le secteur de l’assurance chez Goldman Sachs. Cette résilience s’explique en partie par leur intérêt croissant pour les actifs privés, perçus comme une source de diversification et de rendement stable. Parmi les classes d’actifs plébiscitées :

  • Financement adossé à des actifs (38 % des assureurs prévoient d’augmenter leur allocation).
  • Placements privés notés « investment grade » (35 %).
  • Prêts directs de premier rang (33 %).
  • Capital-investissement et actions d’infrastructure (25 % chacun).

L’IA, levier de transformation et d’opportunités

L’intelligence artificielle s’impose comme un pilier stratégique pour les assureurs. 62 % d’entre eux l’utilisent déjà, principalement pour réduire les coûts opérationnels (83 %), évaluer les investissements (42 %), ou optimiser la souscription des risques (38 %). « L’IA et les infrastructures numériques représentent une opportunité d’investissement majeure, avec des retombées potentielles dans tous les maillons de l’écosystème », explique Leonard Seevers, associé en Digital Infrastructure Investing chez Goldman Sachs.

Les infrastructures et centres de données, essentiels au développement de l’IA, sont considérés comme les secteurs les plus prometteurs par 56 % des répondants. Une tendance qui reflète l’accélération de la transformation numérique dans le secteur.

Un environnement complexe, mais des perspectives claires

Les assureurs anticipent également une légère baisse des taux des fonds fédéraux (entre 3 % et 3,5 %) et une stabilité des rendements des bons du Trésor à 10 ans (entre 3,5 % et 4,5 %). Malgré ces prévisions, la volatilité des marchés et l’inflation (citées par 42 % des répondants) restent des défis à surveiller.

« La sélection rigoureuse des actifs, tant sur les marchés privés que publics, est plus cruciale que jamais », souligne Jared Klyman, responsable mondial de la gestion d’actifs pour le secteur de l’assurance. Une approche qui s’inscrit dans la continuité des 15 années d’enquête, marquées par l’évolution du crédit privé en tant que classe d’actifs incontournable.

Entre prudence et innovation

Si les risques macroéconomiques et géopolitiques pèsent sur les portefeuilles, les assureurs misent sur l’innovation et la diversification pour maintenir leur performance. Entre adoption de l’IA, allocation accrue aux actifs privés et confiance dans les marchés actions, le secteur montre une capacité d’adaptation remarquable. Reste à voir si ces stratégies suffiront à surmonter les défis des prochaines années.

À propos de l’enquête :
L’enquête annuelle de Goldman Sachs Asset Management a été menée auprès de 434 professionnels de l’investissement, représentant près de la moitié des actifs du secteur mondial de l’assurance. Les réponses ont été recueillies entre le 11 janvier et le 3 février 2026.

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