Le fournisseur de solutions de gestion RH ADP dresse les tendances dans le monde du travail attendues en 2026 : gestion fondée sur les compétences, montée de l’intelligence artificielle et exigences renforcées de réglementation, de transparence salariale et de gouvernance des datas.
ADP, fournisseur de solutions de gestion du capital humain, présente les tendances susceptibles de structurer le monde du travail en 2026, dans un contexte d’adoption croissante de l’intelligence artificielle. Selon l’entreprise, les organisations devraient s’appuyer davantage sur la technologie et les data pour optimiser la gestion des talents, renforcer la conformité et améliorer l’expérience collaborateur, tout en accentuant la coopération entre les RH et l’informatique.
Parmi les priorités citées, la cartographie des compétences occupe une place centrale. À mesure que l’IA transforme les fonctions, les dirigeants chercheraient à identifier les compétences clés et à redéfinir les rôles pour mieux aligner les salariés sur les besoins métiers. ADP indique que 84 % des grandes organisations estiment que l’IA peut rationaliser les processus sans remplacer les salariés, un niveau qui atteint 76 % dans les entreprises de taille moyenne et 73 % dans les petites structures.
L’enjeu porterait aussi sur l’intégration de l’IA comme outil de collaboration au quotidien, via des formations, des expérimentations et un apprentissage continu. ADP souligne : « Aider les collaborateurs à adopter un état d’esprit de collaboration avec la technologie est essentiel pour réussir l’adoption de l’IA. Intégrer l’IA dans les flux de travail quotidiens aide les salariés à l’utiliser efficacement et à s’investir plus dans leur travail. Ils peuvent alors consacrer moins de temps sur des tâches individuelles et davantage aux enjeux humains. De cette manière, l’IA devient un facilitateur d’interactions humaines et d’engagement, mettant en lumière le véritable bénéfice de cette technologie et contribuant à ce que chacun se sente valorisé et intégré au sein de l’entreprise. »
Sur le terrain réglementaire, ADP rappelle que le règlement européen sur l’intelligence artificielle (AI Act) fixe un cadre commun pour l’usage de l’IA dans l’Union européenne, avec des obligations de transparence et de vigilance sur la qualité et la représentativité des données d’entraînement. Le texte mentionne un délai de mise en conformité repoussé à fin 2027, et non plus jusqu’à août 2026 suite au projet de loi Digital Omnibus.
Autre chantier : la directive sur la transparence des rémunérations, que les États membres ont jusqu’au 7 juin 2026 pour transposer. Les entreprises de 150 salariés et plus devraient transmettre des données au plus tard le 7 juin 2027 au titre de l’année 2026. « Face à ces changements, et afin d’éviter toute sanction, il est crucial pour les entreprises et les services de paie de commencer dès maintenant à réviser leurs pratiques salariales, et à se familiariser avec les nouveaux indicateurs à calculer et avec les nouvelles informations à communiquer. En anticipant les obligations de la directive, elles pourront assurer une mise en conformité fluide et préserver leur attractivité sur le marché du travail », souligne Muriel Besnard, Consultante juridique pour la Veille Légale RH – Droit social chez ADP.
ADP met enfin en avant la complexité de la conformité multi-juridictionnelle, notamment pour les groupes opérant à l’étranger, ainsi que l’essor de l’IA agentique dans les solutions de gestion du capital humain (onboarding, validations, détection d’erreurs dans la paie). Cette évolution s’accompagne d’exigences accrues de gouvernance des données, de sécurité et de confidentialité, et renforce l’interdépendance entre équipes RH et informatiques, appelées à coordonner choix technologiques, interconnexions et contrôle des usages.

