Québec : proches aidants et soutien à domicile rémunéré

Le Québec adopte une nouvelle politique de soutien à domicile qui reconnaît et rémunère certains proches aidants. Cette réforme vise à mieux coordonner les services, renforcer les ressources humaines et répondre aux enjeux liés au vieillissement et à la perte d’autonomie.

Avec le lancement de la Politique nationale de soutien à domicile intitulée « Mieux chez soi », le gouvernement du Québec engage une réforme attendue depuis plus de vingt ans. Cette politique s’accompagne d’une bonification budgétaire de 107 millions de dollars, venant s’ajouter aux 2,6 milliards déjà consacrés au soutien à domicile des personnes âgées, handicapées ou en situation de perte d’autonomie.

L’ambition affichée est de permettre aux personnes concernées de rester à domicile le plus longtemps possible, tout en renforçant l’organisation et la lisibilité des parcours de soins. La mesure marque une inflexion notable des politiques publiques en matière de santé, avec des implications directes pour les modèles de prise en charge, mais aussi pour les dispositifs d’assurance et de prévoyance.

La reconnaissance financière des proches aidants

L’un des axes majeurs de la réforme concerne l’élargissement du dispositif auparavant connu sous le nom de chèque emploi-service, désormais rebaptisé allocation autonomie à domicile. Ce mécanisme permet désormais à certains proches aidants d’être reconnus et rémunérés lorsqu’ils prodiguent des soins admissibles, comme l’aide à l’hygiène, à l’alimentation ou l’administration de médicaments.

Le taux horaire de cette allocation est revalorisé, passant de 20 à 21 dollars, et l’enveloppe globale bénéficie d’un financement supplémentaire récurrent. Cette reconnaissance financière répond à une revendication ancienne des aidants, souvent confrontés à une charge physique, émotionnelle et économique élevée, sans compensation directe.

Les CLSC comme pivot de coordination

La réforme redonne un rôle central aux CLSC, appelés à redevenir la porte d’entrée du soutien à domicile. Leur mission est élargie afin d’assurer l’évaluation des besoins, l’orientation des personnes et la coordination avec les organismes communautaires et les entreprises d’économie sociale.

Cette organisation vise à limiter la multiplication des intervenants et à fluidifier les parcours, dans un contexte où l’accessibilité aux services demeure inégale. Plusieurs projets pilotes sont déployés dans différentes régions afin de tester ce modèle renforcé et d’en ajuster les modalités opérationnelles.

Des enjeux économiques et assurantiels

Au-delà de la dimension sociale, la réforme soulève des enjeux économiques importants. Le maintien à domicile représente un levier de maîtrise des dépenses publiques, une place en établissement spécialisé ayant un coût nettement supérieur pour les finances publiques. Pour les assureurs, ces évolutions interrogent les modèles de couverture liés à la dépendance, à la santé et à la prévoyance, dans un contexte de vieillissement démographique accéléré.

Certaines organisations et syndicats pointent toutefois des limites, notamment le niveau jugé insuffisant de la revalorisation horaire et les risques liés à une fragmentation excessive des intervenants. Ces débats illustrent la complexité d’un modèle qui cherche à concilier efficacité économique, qualité de service et reconnaissance du rôle des aidants.

Source : Radio-Canada, « Soutien à domicile : Québec accorde une rémunération à certains proches aidants », 29 janvier 2026
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