Le Baromètre des risques 2026 de Allianz confirme la domination du risque cyber et révèle la percée de l’intelligence artificielle, désormais deuxième préoccupation mondiale des entreprises.
Pour la cinquième année consécutive, les incidents cyber dominent le Baromètre des risques Allianz. À l’échelle mondiale, 42 % des experts interrogés les citent comme principale menace pour l’activité des entreprises. En France, ils arrivent également en tête pour la quatrième année d’affilée, avec 40 % des réponses.
Cette prééminence s’explique par la dépendance croissante aux infrastructures numériques. Le risque est jugé systémique, susceptible de désorganiser l’ensemble d’une chaîne de valeur. Il est aussi concentré sur un nombre restreint d’acteurs du cloud, trois fournisseurs (Amazon Web Services, Microsoft Azure et Google Cloud) contrôlant plus de 60 % de l’infrastructure mondiale, ce qui accentue la vulnérabilité des organisations.
Dans ce paysage de risques, l’intelligence artificielle fait une percée notable. Citée par 32 % des répondants, elle passe de la 10e l’an passé à la 2e place du classement mondial, une progression qualifiée d’« inégalée » par l’assureur. Si cette nouvelle technologie est perçue comme un levier stratégique, elle soulève aussi des interrogations en matière de gestion des risques. « Les entreprises considèrent de plus en plus l’IA […] comme une source complexe de risques opérationnels, juridiques et réputationnels », observe Ludovic Soubran, directeur des Investissements et chef économiste chez Allianz. En effet, l’essor de l’IA élargit la surface d’attaque et abaisse le niveau de compétence requis pour mener des cyberattaques. Elle renforce ainsi les risques de paralysie des chaînes d’approvisionnement mondiales.
Souvent conséquence d’un incident cyber, l’interruption d’activité recule légèrement mais demeure centrale : 29 % des répondants la classent au troisième rang mondial. Seuls 3 % estiment leurs chaînes d’approvisionnement « très résilientes ». Pour répondre à ce risque, de nombreuses entreprises privilégient des stratégies de relocalisation ou de régionalisation.
Le contexte politique international pèse également : les risques politiques et la violence atteignent leur niveau le plus élevé depuis la création du baromètre, à la 7e place mondiale avec 15 % des réponses, et à la 5e en France avec 23 %. Conflits armés, protectionnisme et restrictions commerciales, qui ont triplé en 2025 selon Allianz, fragilisent les flux logistiques et nourrissent la crainte de ruptures majeures.
En France, les catastrophes naturelles occupent le deuxième rang des préoccupations, citées par 27 % des répondants. Le climat demeure un facteur de vulnérabilité pour des secteurs comme l’agriculture, l’énergie ou l’hôtellerie. À l’échelle mondiale, elles reculent toutefois à la 5e place, à 21 %, dans un contexte de saison cyclonique moins intense en 2025. Le risque d’incendie et d’explosion figure également parmi les principales inquiétudes des dirigeants français, à 27 %.
L’édition 2026 du baromètre met ainsi en évidence un environnement où cyber, intelligence artificielle, instabilité politique et aléas climatiques s’entrecroisent, obligeant les entreprises à adapter leur organisation et leurs dispositifs de prévention.

