Inondations, feux de forêt, tempêtes, accidents industriels : les risques majeurs s’imposent désormais comme un facteur structurel pour l’économie. Leur fréquence accrue et leur intensité croissante interrogent directement la capacité des entreprises à maintenir leur activité et à limiter les impacts humains, matériels et financiers.
Dans ce contexte, la notion de résilience des entreprises s’impose progressivement comme un complément indispensable aux dispositifs de prévention traditionnels. C’est précisément sur ce terrain que s’inscrit le RESISCORE, un outil d’évaluation développé par l’Association Résiliances.
RESISCORE : un outil pour évaluer la préparation aux crises
Le RESISCORE est un dispositif d’audit volontaire, destiné à mesurer le niveau de préparation d’une entreprise face aux risques naturels et technologiques majeurs. Il repose sur une évaluation conduite par des experts indépendants, selon un référentiel structuré et homogène. L’analyse s’articule autour de quatre axes clés :
- Acculturation aux risques : niveau de connaissance des aléas, sensibilisation des équipes, intégration du risque dans la gouvernance.
- Réduction de la vulnérabilité : diagnostics réalisés, actions de protection des bâtiments, équipements et processus critiques.
- Organisation de la gestion de crise : plans de continuité d’activité, procédures d’urgence, rôles et responsabilités définis.
- Suivi et amélioration continue : mise à jour des dispositifs, exercices réguliers, retour d’expérience.
À l’issue de l’audit, un niveau de résilience est attribué (de 1 à 3), accompagné de recommandations opérationnelles. Le RESISCORE prend ainsi la forme d’un label, attestant de l’engagement de l’entreprise dans une démarche structurée de prévention et de gestion des crises.
Un levier de pilotage pour les entreprises exposées
Pour les entreprises, le RESISCORE permet avant tout de sortir d’une approche déclarative de la prévention. Il offre une vision objectivée de la capacité à faire face à un événement majeur, en mettant en lumière les forces, mais aussi les fragilités organisationnelles.
Dans un environnement économique marqué par la dépendance aux chaînes d’approvisionnement, au numérique et à la continuité des services, cette capacité de résilience devient un facteur clé de performance et de pérennité.
Quels apports pour le secteur de l’assurance ?
Pour les professionnels de l’assurance, le RESISCORE ouvre des perspectives intéressantes. L’évaluation du risque repose traditionnellement sur des critères techniques et statistiques : localisation, exposition aux aléas, activité, historique de sinistralité.
Le RESISCORE introduit une dimension complémentaire, souvent plus difficile à quantifier : la capacité organisationnelle à anticiper et gérer une crise.
Dans cette logique, il peut constituer :
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Un outil d’aide à la souscription, en enrichissant l’analyse du risque par une lecture qualitative de la résilience.
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Un support au dialogue assureur–assuré, pour structurer les échanges autour de la prévention et de la continuité d’activité.
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Un levier d’incitation à la prévention, en valorisant les entreprises engagées dans des démarches concrètes de réduction de vulnérabilité.
À terme, l’intégration de ce type d’indicateur pourrait contribuer à une approche plus proactive de l’assurance, orientée vers la limitation des impacts plutôt que la seule indemnisation post-sinistre.
Vers une assurance plus préventive et résiliente
Face à la montée des risques climatiques et technologiques, la prévention devient un enjeu central pour la soutenabilité des modèles assurantiels. Le RESISCORE s’inscrit dans cette dynamique en apportant une lecture structurée et opérationnelle de la résilience des entreprises.
Sans se substituer aux outils existants, il offre aux assureurs une opportunité de mieux appréhender la réalité du risque, tout en accompagnant leurs assurés dans une logique de progrès continu.

