Les jeunes conducteurs sont confrontés à des tarifs élevés et à des refus de souscription, un phénomène qui alimente la progression des véhicules non assurés en France.
En France, l’assurance automobile est obligatoire. Pourtant, près de 700 000 véhicules circuleraient sans couverture, selon les données citées par L’olivier Assurance. Les jeunes conducteurs apparaissent comme les premiers concernés par cette progression de la non-assurance.
L’analyse comparative menée entre décembre 2025 et janvier 2026, à partir des principaux comparateurs et des sites des grandes compagnies, révèle une difficulté structurelle d’accès au contrat pour les moins de 20 ans. Les demandes de devis en ligne débouchent fréquemment sur des messages de blocage ou d’orientation vers un conseiller, traduisant une réticence des acteurs historiques à souscrire sans ancienneté de permis.
Dans les faits, l’absence d’un à deux ans d’expérience constitue un frein majeur. Le parrainage familial reste souvent la seule solution d’entrée, ce qui interroge l’équité d’accès au marché de l’assurance auto.
Un quasi-désert assurantiel pour les plus jeunes
La situation se confirme sur les comparateurs. Là où un conducteur expérimenté peut accéder à une vingtaine d’offres, voire une trentaine pour les 26-30 ans, un jeune conducteur obtient en moyenne une douzaine de propositions. Pour les moins de 20 ans, seules six offres seraient disponibles.
Plus marquant encore, les conducteurs de 17 ans, autorisés à conduire depuis 2024, ne disposeraient que d’une seule offre. Cette rareté contribue à un effet d’éviction et nourrit un risque systémique pour la protection des victimes et la sécurité routière.
À ces barrières d’accès s’ajoutent des écarts tarifaires significatifs. À garanties équivalentes, les offres les plus compétitives se situent autour de 500 euros annuels chez certains assureurs directs, tandis que des acteurs traditionnels affichent des tarifs d’entrée proches de 800 euros, soit un différentiel avoisinant 60 %. Dans un contexte de tension budgétaire pour les jeunes ménages, cette différence peut constituer un obstacle décisif.
Un enjeu collectif pour le secteur
La progression de la non-assurance ne peut être réduite à un simple comportement individuel. Elle renvoie à une question d’assurabilité et d’inclusion dans un modèle fondé sur la mutualisation des risques. Limiter l’accès à l’assurance pour une population statistiquement plus exposée au risque routier pose un dilemme entre prudence actuarielle et responsabilité sociétale.
Julien Bouverot, Directeur général de L’olivier Assurance, souligne que « laisser une personne rouler sans assurance, c’est laisser cette personne prendre le risque d’une vie de dette ». En cas de sinistre grave, les conséquences financières pour le conducteur fautif peuvent en effet être durables.
Pour les professionnels du secteur, ce phénomène interroge les modèles de tarification, l’usage de la data et les mécanismes de prévention. Il ouvre également un débat sur l’innovation produit et les conditions de souscription, dans une perspective d’assurance plus inclusive, conciliant performance technique et protection collective.

