Selon une étude MGEN-Kantar menée auprès de 507 jeunes filles, 45,2 % abandonnent le sport sous contrainte sociale. Puberté, règles, injonctions esthétiques, sécurité et compétition pèsent sur une pratique pourtant indispensable pour la santé.
Une étude nationale inédite menée par la mutuelle MGEN avec Kantar auprès de 507 jeunes filles âgées de 13 à 20 ans met en lumière un décrochage sportif important à l’adolescence. Près d’une jeune fille sur deux (45,2 %) déclare avoir abandonné le sport sous l’effet de contraintes sociales. Les résultats pointent une combinaison de facteurs : méconnaissance du corps féminin, injonctions esthétiques, pression du regard des autres et poids de la compétition, au détriment du bien-être et de l’inclusion.
Pour MGEN, le constat ne se limite pas à l’abandon. « L’analyse des freins met en évidence un constat essentiel : l’attachement des jeunes filles au sport demeure fort et le potentiel de reprise est important lorsque les conditions de pratique sont adaptées », souligne Clotilde Truffaut, déléguée nationale MGEN, qui appelle à « repenser l’expérience sportive des jeunes filles vers une pratique plus inclusive et physiologique ».
La puberté apparaît comme un premier point de rupture : 63 % des répondantes estiment que les changements physiques rendent le sport moins agréable et 55 % indiquent que les règles freinent leur pratique. Plus de la moitié (53 %) jugent que l’encadrement sportif ne répond pas à leurs besoins spécifiques. Certaines décrivent un décalage entre l’exigence de performances continues et les variations liées au cycle menstruel : « Les coachs ne comprennent pas que ton corps change, que t’as des jours avec et des jours sans. » témoigne une participante.
L’environnement social constitue un autre frein. 42 % disent avoir subi des comportements déplacés (moqueries, harcèlement, sexisme), 55 % ne se sentent pas toujours en sécurité, et 49 % se déclarent mal à l’aise avec des tenues imposées, perçues comme inconfortables ou sexualisées : « Le hand, c’est des mini shorts… Ils pourraient mettre un short plus long, ou le choix entre short et survêtement. », décrit une autre répondante. Les normes diffusées sur les réseaux sociaux amplifient la pression : 55 % estiment que leur corps ne correspond pas à l’image idéale du sport, 41 % arrêtent faute d’être à l’aise avec leur apparence, et 61 % disent se sentir jugées lorsqu’elles font du sport.
Enfin, des obstacles d’organisation et d’accessibilité pèsent sur la continuité de la pratique. À l’âge où le sport devient non mixte, 33 % n’ont pas de club féminin près de chez elles, avec des difficultés marquées en région parisienne et dans les grandes villes. Les coûts (58 %) et la contrainte du temps scolaire (57 %) reviennent fréquemment, dans un modèle jugé peu flexible : « J’ai mon bac en juin, les cours finissaient à 18h et les entrainements commençaient à 19h. J’étais fatiguée, pas le temps pour les devoirs. » explique une sondée. La culture de la compétition est également décrite comme dissuasive par certaines : « Dès qu’on s’inscrit, on te parle de matchs, de championnats. Moi je veux juste jouer. » peut-on aussi lire dans l’étude.
L’étude, réalisée à l’automne 2025, conclut à la nécessité d’adapter l’organisation et l’encadrement pour limiter des inégalités durables, en particulier au regard des enjeux de santé et de société associés à la pratique sportive.

