Lilycare annonce le déploiement d’une plateforme française de souscription entièrement digitale en prévoyance, conçue pour les travailleurs non salariés (tns). L’insurtech affirme vouloir réduire la complexité du produit, accélérer les parcours et renforcer la lisibilité des garanties, dans un contexte de tension sur les régimes obligatoires et de besoin accru de protection sociale.
La prévoyance reste un produit technique, souvent jugé opaque par les assurés, et encore largement dépendant de processus manuels. Lilycare met en avant un constat récurrent côté distribution : des saisies longues, des extranets hétérogènes, et des parcours qui freinent la comparaison comme la souscription, alors même que les indépendants sont exposés à des risques d’incapacité, d’invalidité ou de décès sans filet équivalent à celui du salariat.
Pour les professionnels de l’assurance, ce positionnement vise un angle mort du marché de l’assurance de personnes : la difficulté à transformer un besoin de protection en décision d’achat, faute de pédagogie, de transparence et de fluidité dans la relation clients.
Une comparaison multi-assureurs intégrée au parcours
Lilycare indique proposer un outil de souscription multi-assureurs permettant de comparer des garanties et des tarifs de prévoyance en fonction de la situation réelle de l’indépendant. La promesse repose sur une logique de parcours sans ressaisie, où les données collectées à chaque étape alimentent automatiquement les suivantes, afin de limiter les frictions.
Cette approche rejoint des attentes croissantes en innovation et en application digitale dans l’assurance : permettre une décision éclairée en rendant comparables des éléments souvent difficiles à lire, franchises, niveaux d’indemnisation, exclusions, et conditions d’adhésion.
Technologie, données et intelligence artificielle pour fiabiliser le conseil
Le communiqué insiste sur les obstacles techniques historiquement associés à la prévoyance : règles tarifaires multiples, absence de normalisation des interfaces de programmation (api) assureurs, et complexité du langage métier. Lilycare affirme avoir développé une technologie capable de faire dialoguer les systèmes, d’interpréter automatiquement certains champs, notamment les métiers, et de calculer des tarifs en direct en s’appuyant en partie sur l’intelligence artificielle.
L’objectif affiché n’est pas de remplacer le conseil, mais de réallouer le temps des équipes vers l’analyse des besoins et l’accompagnement, en automatisant les tâches à faible valeur. Sonia Elmlinger, cofondatrice de Lilycare, déclare : « la protection sociale mérite d’être intelligible », en revendiquant un nouveau standard de lisibilité et d’accessibilité.
Une continuité de parcours entre prévoyance et complémentaire santé
Au-delà de la prévoyance, Lilycare indique réutiliser les informations saisies pour proposer des offres de complémentaire santé adaptées, sans ressaisie. Pour les acteurs de l’assurance, cette logique de continuité illustre une évolution des parcours : la protection sociale est traitée comme un ensemble cohérent, santé, prévoyance, retraite, plutôt que comme une juxtaposition de produits.
Sur le plan data, l’enjeu est double : fiabiliser la collecte et améliorer l’expérience, tout en sécurisant les usages, notamment en matière de conformité et de protection des données.
Une stratégie d’accès au marché via des partenariats de distribution
Lilycare annonce une stratégie de croissance centrée sur les tns et les tpe de moins de 50 salariés. L’insurtech évoque une hausse de trafic en 2025 et une progression des demandes commerciales, ainsi que des partenariats donnant accès à plus de 1,3 million d’utilisateurs, notamment via Malt et AssurUp. Côté offre, Lilycare cite un réseau de partenaires assureurs, avec trois assureurs déjà connectés en temps réel pour la prévoyance, et un objectif d’intégrations supplémentaires en 2026.
Pour les professionnels du secteur, cette approche combine distribution, technologie et organisation : capter des flux qualifiés en amont, réduire les coûts de traitement, et améliorer la conversion grâce à des parcours digitalisés, tout en gardant une dimension de conseil humain.

