À partir de 60 ans, les cotisations de mutuelle santé augmentent de façon régulière. Entre vieillissement, fin de la participation employeur et revalorisations annuelles, la facture des retraités s’alourdit. Mais certaines solutions permettent encore d’en limiter l’impact.
Le départ à la retraite constitue souvent un moment charnière pour les dépenses de santé. D’après une étude reprise par MoneyVox, les cotisations des mutuelles augmentent nettement dès 60 ans, puis progressent à chaque tranche de cinq ans. Les retraités y consacrent une part grandissante de leurs revenus, au risque d’accentuer les inégalités sociales et de compliquer l’accès aux soins.
Entre 60 et 64 ans, on peut encore accéder à des formules d’entrée de gamme aux alentours de 70 euros par mois. Mais dès 70 ans, les tarifs s’envolent : une couverture intermédiaire dépasse 90 euros, et une protection renforcée atteint près de 155 euros mensuels. Pour les plus de 85 ans, le prix médian avoisine 190 euros.
L’étude souligne une tarification très codifiée : à chaque changement de tranche d’âge, les cotisations sont revues à la hausse. Entre 60-64 ans et 65-69 ans, l’augmentation moyenne atteint près de 11 %. Le palier suivant, de 65-69 ans à 70-74 ans, se situe autour de 12 %. La tranche 75-79 ans est la plus touchée, avec +14 %, correspondant à une période où les pathologies chroniques et les hospitalisations se multiplient. Les hausses ralentissent ensuite légèrement : environ 9,5 % entre 80 et 84 ans, puis encore un peu plus de 7 % entre 85 et 89 ans.
Ces écarts traduisent une tendance structurelle, liée à la hausse des dépenses médicales et à la mécanique tarifaire des assureurs. Même lorsque les seniors gardent le même contrat d’une année sur l’autre, les assureurs procèdent à des revalorisations automatiques, sans tenir compte du parcours médical propre à chaque assuré.
Plusieurs facteurs expliquent cette inflation. La consommation médicale des seniors est naturellement plus importante : suivis réguliers, traitements prolongés, appareillages, soins spécialisés. Ce risque accru pour les organismes d’assurance santé se répercute sur les cotisations. Par ailleurs, à la retraite, la participation financière de l’employeur disparaît : les assurés doivent assumer seuls la totalité de leur mutuelle, souvent à un tarif plus élevé que celui proposé aux actifs. Enfin, indépendamment de l’effet de l’âge, les assureurs revoient presque chaque année leurs barèmes de cotisation : entre 2024 et 2025, les hausses ont atteint jusqu’à 9,5 % pour les formules les plus protectrices.
Pour contenir ces coûts, plusieurs pistes existent. La Complémentaire santé solidaire offre un soutien précieux aux retraités modestes, avec des cotisations plafonnées à 25 euros avant 70 ans et 30 euros au-delà. Le rattachement au contrat collectif d’un conjoint salarié peut également s’avérer avantageux, tout comme la comparaison régulière des offres, afin d’ajuster les garanties à ses besoins réels.
De nombreux assurés conservent en effet des options coûteuses devenues inutiles, notamment en optique ou en dentaire. À l’inverse, renforcer la garantie hospitalisation peut être plus pertinent pour anticiper les dépenses lourdes. Un bilan annuel avec un conseiller reste la meilleure manière d’adapter sa couverture tout en maintenant un équilibre entre protection et budget.

