Depuis le 1er janvier 2026, la convention dentaire introduit plusieurs évolutions majeures en matière de prévention, de prise en charge et de tarification des soins.
La réforme consacre un virage clair en faveur de la prévention, avec un objectif affiché de réduction durable des pathologies bucco-dentaires. L’examen bucco-dentaire annuel devient obligatoire et entièrement pris en charge pour les jeunes âgés de 3 à 24 ans. Cet examen, ainsi que les soins qui en découlent, bénéficient d’une prise en charge à 100 %, sans avance de frais, via le régime obligatoire et les complémentaires santé.
Pour les professionnels de l’assurance, cette évolution renforce l’importance des dispositifs de prévention dans les contrats responsables. Elle s’inscrit dans une logique de maîtrise des coûts à long terme, en favorisant une détection précoce des pathologies et en limitant le recours à des soins lourds à l’âge adulte. Selon les analyses de Itelis, cette orientation vise également à réduire les renoncements aux soins pour raisons financières, en particulier chez les familles.
L’élargissement du panier de soins remboursés
La convention prévoit l’introduction progressive de nouveaux soins remboursés, notamment en pédodontie. Ces actes permettent de stopper l’évolution des caries, de préserver l’espace nécessaire à l’éruption des dents définitives ou encore de conserver des dents de lait fortement atteintes. L’objectif est d’intervenir plus tôt, avec des traitements moins invasifs et mieux acceptés par les jeunes patients.
Pour les complémentaires santé, ces nouveaux actes impliquent une adaptation des garanties et une vigilance accrue sur la lisibilité des remboursements. Ils renforcent également le rôle des réseaux de soins et des dispositifs de tiers payant dans la fluidification des parcours et la compréhension des droits par les assurés.
Des tarifs revalorisés mais strictement encadrés
Autre évolution notable, certains soins prothétiques, comme les couronnes et les bridges, voient leurs tarifs revalorisés afin de tenir compte de l’évolution des coûts et des pratiques professionnelles. Ces revalorisations restent toutefois encadrées par des plafonds nationaux pour les chirurgiens-dentistes conventionnés. À titre d’exemple, une couronne céramique zircone est plafonnée à 453,20 euros sur l’ensemble du territoire.
Dans le cadre des contrats responsables, le panier 100 % Santé continue de garantir un reste à charge nul sur certaines prothèses. Pour les assureurs, l’enjeu réside dans l’articulation entre ces dispositifs réglementaires, la tarification des garanties et la pédagogie auprès des assurés, afin d’éviter toute incompréhension sur les coûts réels des soins.
Des ajustements de remboursements et un rôle central du devis
La réforme prévoit également une baisse progressive de la prise en charge de certains soins techniques, comme les inlays-core. Cette orientation vise à encourager des alternatives thérapeutiques moins traumatisantes, tout en maintenant une adéquation entre le besoin médical et le niveau de remboursement.
Dans ce contexte, le devis dentaire devient un outil central du parcours de soins. Il permet au patient de comparer les options, d’anticiper son reste à charge et de faire des choix éclairés. Comme le souligne Aurélie Barbereau, présidente du directoire d’Isea, « sans information claire, le risque est réel d’incompréhension, voire de renoncement aux soins ». Pour le secteur de l’assurance, cette réforme confirme que l’information, la communication et l’accompagnement constituent des leviers essentiels de la relation clients en santé.

