Assurance habitation : des tarifs sous pression climatique

Une hausse généralisée des tarifs, portée par le risque climatique. En 2026, les tarifs de l’assurance habitation poursuivent leur progression, dans un contexte de sinistralité accrue et de transformation profonde du risque climatique. 

Selon les données publiées par Acheel, une hausse comprise entre 6 % et 8 % est attendue sur l’ensemble du marché, soit environ 25 euros supplémentaires par foyer et par an. Cette évolution intervient alors même que l’inflation globale se normalise, ce qui renforce la perception d’une pression durable sur le budget assurance des ménages.

Cette dynamique tarifaire s’explique principalement par l’augmentation de la fréquence et de l’intensité des événements climatiques, tels que les inondations, les tempêtes ou les épisodes de sécheresse, dont le coût annuel pour les assureurs atteint désormais près de 6 milliards d’euros.

Des disparités territoriales qui interrogent la mutualisation

L’étude repose sur l’analyse de près de 200 000 contrats multirisques habitation (MRH) souscrits entre 2021 et 2025. Elle met en évidence des écarts de tarifs significatifs à garanties comparables, pouvant aller du simple au double selon la localisation du logement. Les grandes métropoles et les zones fortement exposées aux risques climatiques ou à la délinquance affichent les primes les plus élevées.

Paris se positionne en tête des villes les plus chères, avec une prime annuelle moyenne de 188,63 euros, suivie de Montreuil et Boulogne-Billancourt. À l’inverse, des villes comme Rennes, Angers ou Brest bénéficient de niveaux de primes nettement plus modérés, en lien avec une sinistralité historiquement plus faible.

Régions : le poids du risque et du type de logement

L’analyse régionale confirme ces déséquilibres. Pour les appartements, l’écart atteint environ 55 % entre la région la moins chère, la Bretagne, et la plus onéreuse, l’Île-de-France. Pour les maisons, l’écart s’élève à près de 48 % entre la Bretagne et la région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Ces différences soulignent l’impact combiné de la densité urbaine, de la valeur des biens assurés et de l’exposition aux catastrophes naturelles sur la construction des tarifs.

Le type de logement reste également déterminant. Les maisons, souvent assorties de dépendances ou d’équipements extérieurs, génèrent un coût d’assurance supérieur à celui des appartements, accentuant les écarts régionaux et territoriaux.

Assurance habitation et pouvoir d’achat : un enjeu structurel

Au-delà des chiffres, cette étude met en lumière un enjeu central pour le secteur de l’assurance : la montée des inégalités territoriales face au risque. À couverture équivalente, certains ménages supportent un effort financier bien plus important que d’autres, ce qui interroge les mécanismes de mutualisation et la soutenabilité du modèle à long terme.

Dans ce contexte, l’adaptation des garanties, le renforcement de la prévention et une plus grande transparence tarifaire apparaissent comme des leviers essentiels pour concilier protection des assurés, innovation assurantielle et préservation du pouvoir d’achat.

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