Un quart des femmes envisagent de créer leur entreprise, selon un baromètre OpinionWay pour France Active et la Fédération bancaire française. Mais financement, charge familiale et complexité administrative freinent encore le passage à l’acte.
L’envie d’entreprendre progresse chez les femmes : selon le baromètre OpinionWay réalisé pour France Active et la Fédération bancaire française, 24 % d’entre elles envisagent de créer leur entreprise, une part qui monte à 32 % chez les moins de 60 ans. Cette aspiration est d’abord liée à la recherche de sens dans la vie professionnelle et au souhait de concrétiser une idée personnelle. Chez les moins de 35 ans, elle répond aussi à une logique économique, certaines voyant dans l’entrepreneuriat un moyen de sortir d’une situation professionnelle précaire.
Cette progression ne se traduit pas pour autant par une confiance accrue. Dans un contexte économique jugé incertain, l’attrait du salariat remonte : 49 % des femmes le privilégient, soit 8 points de plus qu’en 2025, tandis que l’intérêt pour la création d’entreprise recule à 50 %, en baisse de 9 points sur un an.
Les obstacles perçus restent massifs. Au total, 84 % des femmes anticipent au moins un frein. Le premier concerne l’accès au financement, avec la crainte de ne pas disposer du capital de départ ou de rencontrer des difficultés auprès des banques. S’y ajoutent la peur d’échouer et la complexité administrative, encore identifiée comme un point de blocage majeur. Un tiers des femmes redoutent aussi la difficulté à concilier projet entrepreneurial et responsabilités familiales, ce qui renvoie à une organisation encore inégale de la sphère privée.
Trois leviers ressortent pour favoriser l’entrepreneuriat féminin : une meilleure répartition des tâches domestiques et familiales, citée par 49 % des femmes, la simplification des démarches administratives, jugée prioritaire par 53 % des Français, et le développement de dispositifs d’accompagnement, de mentorat et de formation, mis en avant par 42 % des femmes.
France Active rappelle qu’un entrepreneur sur deux qu’elle soutient est une femme et met en avant sa « Garantie Égalité Femmes », qui peut sécuriser jusqu’à 80 % d’un prêt bancaire dans la limite de 50 000 euros. Avec la Fédération bancaire française, l’association publie aussi un guide, « Entreprendre au féminin ». Pour Maya Atig, directrice de la FBF, si « les femmes ont les idées, les compétences et l’envie d’entreprendre » reste à lever les freins administratifs et ceux du quotidien qui entravent encore cette dynamique.

