Une enquête menée en 2024 auprès de 2 750 personnes, dont 1 750 dirigeants de TPE-PME, montre qu’un quart d’entre eux présentent une santé mentale non optimale. La solitude et la charge de travail ressortent comme des facteurs majeurs.
La santé mentale des dirigeants de TPE-PME reste une question délicate. D’après une enquête menée par Malakoff Humanis entre juin et août 2024, certains répondants peinent encore à évoquer ouvertement leurs difficultés, celles-ci pouvant être associées à une forme de fragilité.
Pour établir un diagnostic, les chercheurs s’appuient sur l’indice WHO-5, fondé sur des questions indirectes de bien-être mental. Entre 6 et 7 % des dirigeants présentent un score très faible, considéré comme un risque fort, et 16 à 18 % un score faible. Au total, environ un quart des dirigeants ont une santé mentale jugée non optimale, contre un tiers dans l’échantillon représentatif de la population.
L’étude identifie deux facteurs particulièrement associés à une dégradation de la santé mentale : la solitude du dirigeant et la charge de travail. À l’inverse, certains éléments sont liés à de meilleurs résultats, comme une vision positive du stress, perçu aussi comme un facteur de performance, ainsi qu’un management plus formel dans l’organisation.
L’enquête s’est aussi penchée sur les entreprises à impact. Les dirigeants engagés dans une mission pourraient sembler mieux protégés, mais les résultats sont plus contrastés. Comparés aux dirigeants d’entreprises traditionnelles, ils évaluent plus négativement leur santé mentale. Selon l’étude, cela s’explique à la fois par une proportion légèrement plus élevée de scores WHO-5 faibles ou très faibles et par une plus grande capacité à reconnaître leurs difficultés : parmi ceux dont le score est très faible, 100 % déclarent que leur santé mentale n’est pas bonne.
Sur le volet prévention, l’accès gratuit à l’application d’auto-thérapie MindDay suscite un intérêt marqué chez les répondants en ligne, avec environ 50 % d’intention d’usage, contre 10 % seulement chez les personnes interrogées par téléphone. Parmi les messages de sensibilisation testés, seule la définition de la santé mentale par l’OMS augmente significativement l’intérêt pour cette application de santé, tandis qu’un message plus léger comparant l’hygiène mentale au brossage des dents n’a pas convaincu se révèle sans effet, voire contre-productif chez les dirigeants.

