Le viager s’installe dans le paysage immobilier

Porté par le vieillissement de la population, la tension sur les retraites et le recul du crédit, le viager poursuit sa progression en France. Le Baromètre 2025 d’Univers Viager décrit un marché plus structuré, plus diffus et davantage ancré dans le temps long.

Le viager poursuit son installation dans le paysage immobilier français. Selon le Baromètre national du viager 2025 publié par Univers Viager, ce mode de vente s’inscrit dans un contexte de vieillissement démographique, alors que les revenus des retraités restent sous pression et que l’accès au crédit immobilier se resserre. Dans ce cadre, le patrimoine résidentiel devient pour une partie des seniors une ressource mobilisable sans départ du logement. 

L’étude s’appuie sur les données du réseau d’agences spécialisées d’Univers Viager. Elle rappelle qu’environ 6 000 transactions viagères sont réalisées chaque année en France, pour près de 90 000 seniors concernés et autour d’un milliard d’euros réinjecté dans l’économie. Depuis 2020, le marché afficherait une croissance de 25 %. Le quart sud-ouest concentre 36 % des ventes, devant le quart sud-est à 26 %, le quart nord-est à 25 % et le quart nord-ouest à 13 %.

Le modèle reste d’abord résidentiel. Dans 83 % des cas, les ventes sont conclues en viager occupé, ce qui permet aux vendeurs de conserver l’usage de leur bien. Les maisons représentent 66 % des transactions, contre 34 % pour les appartements. La valeur vénale moyenne des biens vendus atteint 251 773 euros. 

Pour les vendeurs, le bouquet moyen s’élève à 58 431 euros et la rente mensuelle moyenne à 554 euros. D’après le baromètre, ces rentes augmentent en moyenne de 27 % les revenus mensuels par rapport à la situation antérieure. Dans 8 % des cas, l’opération prend la forme d’un capital sans rente, pour un montant moyen de 224 030 euros. 

Le profil des vendeurs traduit aussi une évolution des usages. Âgés en moyenne de 77 ans, ils cherchent certes à financer leur quotidien, mais aussi à préparer leur succession, protéger leur conjoint, réaliser des donations ou réorganiser leur patrimoine. Côté acquéreurs, l’âge moyen est de 45 ans, 70 % investissent en couple et la durée moyenne de l’investissement est estimée à 15 ans. Plus d’un acquéreur sur deux habite dans le même département que le bien acheté, signe d’un marché de proximité. 

Le baromètre met ainsi en avant un marché en voie de structuration, à la croisée de l’immobilier, du social et de la prévoyance patrimoniale. « Plus le viager se développe, plus il nécessite expertise, éthique et transparence. C’est à cette condition qu’il pourra continuer à jouer pleinement son rôle économique et social », conclut Vincent Gibelin, dirigeant fondateur d’Univers Viager. 

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