La nouvelle carte du retrait-gonflement des argiles élargit fortement les zones à risque en France. Face aux fissures qui touchent les maisons, le choix d’une réparation durable passe d’abord par un diagnostic précis.
Plus de 12 millions de pavillons en France métropolitaine sont désormais situés en zone d’aléa moyen ou fort au retrait-gonflement des argiles, selon une cartographie validée par arrêté le 9 janvier dernier et applicable à partir du 1er juillet. Le phénomène, lié notamment à la sécheresse et aux mouvements de terrain, s’étend au-delà de quelques territoires isolés et progresse dans plusieurs régions comme le Centre-Val de Loire, la Bourgogne-Franche-Comté, l’Auvergne-Rhône-Alpes et le Grand Est.
Conséquence, les désordres se multiplient : fissures en façade, murs désolidarisés ou planchers déformés. Pour Nicolas Courtin, cofondateur et PDG de CoCREATA, aucune solution unique ne peut répondre à l’ensemble des cas :« Toutes les fissures ne racontent pas la même histoire, et toutes les maisons ne nécessitent pas la même réponse. Le réflexe ne doit pas être de chercher la solution la plus rapide ou la moins coûteuse, mais de comprendre précisément la cause du désordre. En matière de fissuration, seule une solution correctement dimensionnée, adaptée à la nature du sol et du bâtiment, permet une réparation réellement durable ».
Avant d’engager des travaux, trois questions doivent guider l’analyse : l’emplacement exact des fissures, leur forme et leur ampleur, ainsi que l’origine des mouvements de sol. Cette étape suppose une analyse de la structure du bâtiment, une étude de sol ciblée et des examens en laboratoire pour caractériser les argiles.
Parmi les solutions évoquées, il y a la protection des abords : il s’agit de limiter les variations d’humidité autour des fondations, grâce à la gestion des eaux pluviales, à l’éloignement des végétaux, à un trottoir périphérique étanche ou à un drainage. Peu intrusive et relativement abordable, cette solution relève surtout de la prévention ou du traitement de désordres limités. Elle ne suffit pas lorsque l’affaissement est déjà important.
L’injection de résine expansive permet, elle, de combler des vides et d’améliorer le sol sous les fondations. Rapide et peu lourde en terrassement, cette technique reste réservée à des désordres modérés. Elle présente toutefois des limites dans les secteurs où l’argile demeure très active en profondeur, avec des garanties de tenue dans le temps plus difficiles à apprécier.
Pour les sinistres plus importants, les micropieux acier consistent à transférer les charges vers un sol stable situé plus profondément. Cette opération est décrite comme durable, rapide à mettre en œuvre et adaptée aux accès restreints, avec la possibilité pour les occupants de rester dans le logement. Les micropieux béton, eux, sont mobilisés dans les cas les plus lourds ou sur des terrains très hétérogènes, au prix d’une intervention plus longue, plus intrusive et pouvant imposer un relogement temporaire.

