Recrutements stables, santé mentale, intelligence artificielle et réglementation sur la transparence des salaires : Cécile Lassus-Carrois, DRH chez VYV, détaillait récemment les priorités 2026 d’un groupe aux 48 000 salariés.
Pour 2026, VYV table sur un recrutement « plutôt stable », selon sa directrice des ressources humaines, Cécile Lassus-Carrois. Dans un entretien accordé au média Hellowork, celle-ci évoque les enjeux RH de son groupe pour l’année à venir : près de 4 500 embauches en CDI, comme en 2025, pour un effectif de 48 000 collaborateurs. Environ 70 % des recrutements visent le soin et l’accompagnement, où les besoins restent les plus forts, mais également sur les métiers de la relation client et les métiers de l’IT, de la data et du digital.
Dans un marché structurellement en tension sur le soin et de l’accompagnement, VYV mise sur la communication pour gagner en visibilité. Créé il y a moins de dix ans, le groupe a lancé en 2024 une campagne de marque employeur incarnée par ses propres collaborateurs, renforcée par un dispositif d’« ambassadorat » où des soignants racontent leur quotidien sur les réseaux sociaux. Cela aide les candidats à se projeter dans notre univers. Cécile Lassus-Carrois souligne aussi l’attrait du modèle non lucratif et des valeurs mutualistes. En 2025, 153 000 visites ont été enregistrées sur le site de recrutement et 30 000 candidatures ont été transmises aux entités du groupe.
Avec une ancienneté moyenne des collaborateurs d’un peu plus de dix ans, le groupe estime que ses dispositifs de fidélisation portent leurs fruits. Le groupe s’appuie notamment sur des mesures favorisant la mobilité interne, comme une bourse de l’emploi proposant près de 1 000 offres en continu, ainsi que des outils et des formations pour aider chacun à construire et piloter son parcours.
Pour 2026, Cécile Lassus-Carrois fixe comme cap de « protéger l’engagement » des équipes en s’appuyant sur trois priorités : la santé physique et mentale, l’anticipation et la dynamique collective. « Nous ne pouvons pas parler d’engagement si nos collaborateurs ne vont pas bien », insiste-t-elle. Ainsi, le programme santé mentale s’articule autour de trois axes : « être reconnu » (lever les tabous, les stéréotypes, créer les conditions d’une santé mentale inclusive), « se reconnaître » (le collaborateur évalue sa santé mentale) et « être soutenu et accompagné » (outiller les collaborateurs et les managers face à ces problématiques), avec 350 secouristes formés en santé mentale sur l’ensemble du groupe. Mi-2025, un accompagnement confidentiel par des patients partenaires a été lancé via une application ; la moitié des appels concerne la santé mentale. Un module d’e-learning de 30 minutes doit être déployé le 7 avril.
Sur le volet anticipation, l’enjeu est d’introduire davantage de prospective et de projection pour accompagner l’évolution des métiers. L’objectif est de se doter d’outils et de méthodes afin de retrouver une capacité de vision, malgré la pression quotidienne de logiques de court terme. Enfin, sur la dynamique collective, l’objectif est de maintenir le lien et les collectifs de travail, afin que l’entreprise reste une « safe place ». Cela suppose de construire des repères de sécurité psychologique, alors que l’hybridation peut accentuer l’isolement. « Tous ces sujets sont importants car ils sont créateurs d’engagement », résume Cécile Lassus-Carrois.
Concernant l’intelligence artificielle, qui transforme aujourd’hui de nombreux métiers, VYV distingue l’IA liée aux processus métier et une IA « bureautique ». « Si on parle de l’IA qui concerne les processus métier, c’est dans notre feuille de route de développer de la méthodologie pour bien analyser comment l’IA va impacter les activités et, par conséquent, nos politiques de recrutement et de développement des compétences », précise la DRH. S’agissant de l’IA « bureautique », l’enjeu est d’accompagner les collaborateurs dans l’usage de ces outils. Le groupe indique par ailleurs développer une IA interne sécurisée, dont le déploiement a déjà commencé. Cécile Lassus-Carrois rappelle néanmoins l’enjeu pour l’environnement : « Une recherche Google et une requête ChatGPT, ce n’est pas du tout la même chose en termes d’énergie et de bienfait pour la planète. »
Côté réglementation, VYV dit se préparer à l’échéance du 7 juin 2026 sur la transparence des salaires, un chantier engagé depuis 2023 (référentiels emplois, grilles de rémunération, critères objectifs). Deux points sont cités : mieux objectiver la performance et adapter le recrutement, avec l’affichage de fourchettes et la fin de la question sur la rémunération actuelle.
« La digitalisation des processus a changé beaucoup de choses, la montée en puissance de l’utilisation de la donnée aussi. D’autres nouveaux sujets sont aussi entrés dans l’agenda du DRH ces 20 dernières années. Je pense à la diversité, l’inclusion, le bien-être, la RSE, l’accompagnement à la transition écologique… Le métier de DRH est de plus en plus dans une approche d’engagement. Nous sommes vraiment passés d’une vision “ressources humaines” à une vision “expérience collaborateur”, tournée vers l’engagement. Pour moi, c’est la grande évolution de ces 20 dernières années, et cela va continuer. » conclut Cécile Lassus-Carrois.

