Face à la réduction des aides et à la complexité des démarches, le Groupe BPCE, Oney et Effy annoncent un dispositif intégré pour faciliter l’accès à l’éco-prêt à taux zéro (éco-PTZ).
La rénovation énergétique reste un enjeu national, dans un parc immobilier qui pèse lourdement sur la consommation d’énergie. Pourtant, les ménages rencontrent toujours des obstacles majeurs. Les freins financiers dominent, tandis que la multiplication des dispositifs d’aides et des démarches crée un effet de découragement. Le manque de connaissance des solutions de financement et la crainte de la fraude renforcent cette inertie, dans un contexte où la communication autour des aides publiques devient moins lisible.
Pour les professionnels de l’assurance, cette situation est stratégique. La rénovation énergétique touche au risque bâtiment, à la prévention, mais aussi à la relation clients, notamment lorsque les travaux modifient l’exposition aux sinistres, la valeur assurée ou les garanties nécessaires. Les enjeux de confiance, de transparence et de sécurisation du parcours rejoignent ainsi des préoccupations centrales du secteur.
Une solution “clé en main” qui articule technique et financement
Le partenariat associe Groupe BPCE, Oney et Effy autour d’un parcours unique. Effy intervient en amont pour guider les ménages, estimer les travaux pertinents et simuler les aides mobilisables, comme MaPrimeRénov’, la prime Effy ou certaines aides locales.
L’innovation réside dans l’intégration, au sein de ce même parcours, de l’éco-prêt à taux zéro, qui peut financer jusqu’à 50 000 euros de travaux sans intérêts. Lorsque le reste à charge l’exige, l’éco-PTZ peut être complété par un crédit affecté, jusqu’à 75 000 euros, sur des durées flexibles. Pour les acteurs de l’assurance, ce montage montre comment la distribution de solutions financières se rapproche des logiques d’écosystèmes, où produit et service, data et accompagnement, se combinent pour lever les freins à l’action.
Digitalisation, délais réduits et sécurisation des paiements
Le dispositif annoncé s’appuie sur un dossier centralisé et 100 % digital. Les démarches d’aides et l’instruction du financement sont traitées dans un même flux, avec un suivi en temps réel. L’objectif affiché est de réduire fortement les délais, avec une instruction moyenne ramenée à cinq jours, contre plusieurs semaines voire plus de deux mois dans les circuits classiques.
Le partenariat intègre également un paiement sécurisé à la réception des travaux, élément clé pour répondre à la peur de l’arnaque. Cette dimension de lutte contre la fraude est particulièrement pertinente pour les professionnels de l’assurance, confrontés à des problématiques similaires sur le marché de la rénovation, notamment lorsque des sinistres surviennent après des travaux réalisés dans des conditions contestables.
Un dispositif ancien mais encore sous-utilisé
L’éco-PTZ reste relativement méconnu par rapport à d’autres mécanismes, malgré une progression de sa distribution. Les volumes observés en 2024 traduisent une montée en puissance, mais le dispositif demeure discret au regard de l’ampleur des besoins. L’intégration de l’éco-PTZ dans un parcours simplifié pourrait ainsi contribuer à renforcer son usage, en particulier dans un contexte de baisse ou de suspension de certains guichets d’aides.
Comme le souligne Julien Cailleau, directeur général adjoint de Oney, l’objectif est de rendre la rénovation « plus accessible ». Pour les assureurs, cette dynamique constitue un signal à suivre : accélérer la rénovation énergétique peut réduire certains risques, mais impose aussi d’adapter les garanties, d’améliorer la prévention et d’accompagner les clients dans des parcours de travaux de plus en plus structurés.

