Deux-roues : un marché en repli mais des usages durables

Les résultats 2025 de l’Observatoire du deux-roues Solly Azar – AAA Data confirment un recul marqué du marché, principalement porté par la chute des immatriculations de véhicules neufs. 

Pour les professionnels de l’assurance, ces données dessinent un secteur en recomposition, marqué par un parc vieillissant, des usages urbains renforcés et des enjeux accrus en matière de prévention et de relation clients.

Après une année 2024 déjà en baisse, le marché français du deux-roues enregistre un nouveau recul de 7 % en 2025. La contraction est particulièrement marquée sur le segment du neuf, avec une chute de 19 %, tandis que le marché de l’occasion fait preuve d’une relative résilience. Il représente désormais plus des trois quarts des immatriculations, traduisant un allongement de la durée de détention des véhicules par les usagers.

Cette évolution structurelle s’explique par un contexte économique contraint et par des arbitrages budgétaires plus stricts. Pour les assureurs, cette bascule vers l’occasion pose des enjeux de tarification, d’évaluation du risque et de maintien de la qualité des garanties sur un parc plus ancien, déjà analysés dans nos publications dédiées à l’assurance auto et deux-roues.

Électrique, cyclos et grosses cylindrées : des dynamiques contrastées

Le segment des deux-roues électriques peine à s’imposer, avec une baisse globale de 7 % en 2025, fortement concentrée sur le neuf. À l’inverse, l’occasion électrique progresse nettement, portée par une offre de seconde main plus accessible. Les cyclos poursuivent leur repli, pénalisés par la fin progressive des modèles thermiques et par une concurrence accrue des nouvelles mobilités urbaines.

Sur le marché de la moto, la baisse reste contenue, notamment grâce à la stabilité de l’occasion. Les grosses cylindrées, supérieures à 400 cm³, demeurent le segment le plus résilient. Cette segmentation des usages confirme la nécessité, pour les acteurs de l’assurance, d’adapter leurs produits et services à des profils de conducteurs de plus en plus hétérogènes.

Sinistralité : une urbanisation accrue des risques

L’Observatoire met en évidence une évolution préoccupante de la sinistralité. Les accidents de la circulation représentent désormais près de 80 % des sinistres, avec une concentration croissante en milieu urbain. Les conducteurs de deux-roues restent particulièrement exposés, puisqu’ils constituent plus de deux tiers des blessés lors des collisions.

Dans le même temps, les sinistres liés au vol reculent légèrement. L’amélioration des dispositifs de sécurité, notamment les traceurs et antivols connectés, contribue à une hausse du taux de récupération des véhicules. Cette tendance souligne l’importance de la prévention et de l’innovation technologique dans la maîtrise du risque, un axe stratégique pour l’assurance face à des usages de proximité de plus en plus fréquents.

Comme le résume Maëlle Faure, cheffe produits auto et moto chez Solly Azar, « le marché se réorganise autour de la seconde main face à des enjeux réglementaires et économiques de plus en plus contraignants ». Une mutation qui impose aux assureurs d’ajuster leurs offres, tant sur le plan de la protection que de la distribution.

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