Malgré un contexte économique toujours sous tension, marqué par le retour de l’inflation et un pouvoir d’achat fragilisé, les Français continuent de renforcer leur épargne.
Selon une étude publiée par la fintech Green-Got, les ménages épargnent en moyenne 5 650 euros, soit environ 213 euros par mois, confirmant une tendance durable à l’épargne de précaution
Cette dynamique s’inscrit dans un cadre macroéconomique inédit. L’épargne financière des ménages atteint désormais 6 477 milliards d’euros (6.596 milliards d’euros au deuxième trimestre 2025 selon le Trésor) un niveau historiquement élevé, presque deux fois supérieur à celui de la dette publique. Un paradoxe apparent dans un environnement inflationniste, mais révélateur d’un réflexe de protection face aux incertitudes économiques.
Une discipline d’épargne bien installée
L’étude met en lumière des comportements financiers particulièrement structurés. 67 % des Français épargnent régulièrement, 77 % ont automatisé leurs versements, et près d’un épargnant sur cinq met de côté plus de 500 euros par mois. L’ancienneté moyenne des comptes, estimée à 17 mois, témoigne d’une relation durable à l’épargne.
Certaines régions affichent même une stabilité plus marquée, comme le Centre-Val de Loire, la Bourgogne-Franche-Comté ou encore les DOM-TOM, où l’ancienneté dépasse parfois deux ans.
Métropoles et ruralité : une fracture marquée
Derrière cette moyenne nationale se cache toutefois une réalité plus contrastée. Les habitants des grandes métropoles épargnent en moyenne 7 173 euros, contre 4 155 euros dans les zones rurales, soit un écart supérieur à 70 %. Le différentiel se retrouve également sur l’épargne mensuelle, avec 267 euros en ville contre 151 euros à la campagne.
Ces écarts ne s’expliquent pas uniquement par le niveau de revenus. Ils reflètent aussi des pratiques financières différentes, notamment dans l’usage des outils numériques et la régularité des versements.
L’automatisation, clé de réduction des inégalités
Le facteur le plus discriminant identifié par l’étude reste le taux d’automatisation de l’épargne. Celui-ci atteint 81,6 % dans les métropoles, contre seulement 51,1 % en milieu rural. Un différentiel de 30 points qui explique en grande partie les écarts observés, tant sur les montants que sur la régularité.
Pour Green-Got, démocratiser l’automatisation de l’épargne dans les territoires ruraux constituerait un levier majeur pour réduire la fracture territoriale et installer une discipline financière plus homogène sur l’ensemble du territoire.
Source : étude Green-Got, janvier 2026

