Green Friday, une alternative au Black Friday pour les PME

Le Green Friday est une contre-proposition au Black Friday. Il propose des alternatives responsables à la surconsommation. Entre engagement environnemental, attentes des consommateurs et différenciation, cette initiative interroge les modèles promotionnels traditionnels.

Chaque année, le Black Friday concentre des volumes d’achats importants, notamment dans la mode et l’électronique, avec des conséquences environnementales marquées. À Paris, jusqu’à 2,5 millions de livraisons quotidiennes sont recensées durant cette période, alors que le transport de marchandises représente 25 % des émissions de CO2 urbaines selon l’ADEME. À cela s’ajoutent les émissions liées à la fabrication et aux retours de produits, pour des économies moyennes limitées à 2 % pour les consommateurs.

C’est dans ce contexte qu’est né en 2017 le Green Friday, à l’initiative de réseaux engagés dans le réemploi, la réparation et le commerce responsable, dont Envie, engagée dans la réparation d’électroménager et l’insertion professionnelle, et Altermundi, spécialisée dans le commerce responsable. Le mouvement vise à questionner la logique de surconsommation sans culpabiliser, en informant sur les impacts environnementaux et sociaux des achats et en valorisant des pratiques alternatives comme le recyclage, les circuits courts ou le commerce équitable.

Pour les PME, le Green Friday s’inscrit dans une démarche de responsabilité sociétale devenue stratégique. Une majorité de Français exprime le souhait de consommer de manière plus durable et plus de la moitié se dit prête à payer davantage pour des produits responsables. Renoncer aux promotions classiques au profit d’initiatives solidaires ou locales permet ainsi de répondre à ces attentes tout en renforçant l’image de marque.

Le Green Friday offre ainsi aux PME la possibilité de répondre aux attentes des consommateurs tout en renforçant leur engagement en matière de responsabilité sociétale. Plutôt que de recourir aux remises du Black Friday, elles peuvent alors mettre en avant des initiatives et des pratiques plus responsables.

Les actions mises en place peuvent prendre des formes variées, comme des remises solidaires, des collectes de dons, la valorisation du savoir-faire local, la reprise de produits d’occasion ou l’organisation d’ateliers autour de l’économie circulaire. L’enjeu n’est pas de stimuler les ventes à court terme, mais de construire une relation client fondée sur la cohérence et la transparence.

La communication autour du Green Friday repose sur une pédagogie assumée. Expliquer les choix de l’entreprise, présenter ses engagements et éviter toute posture moralisatrice sont essentiels pour prévenir les accusations de greenwashing. Campagnes d’e-mailing, contenus informatifs, partenariats locaux ou publications sur les réseaux sociaux constituent des relais possibles.

Toutefois, malgré son développement, le Green Friday se heurte à des limites. En 2024, 80 % des Français ont continué à acheter durant le Black Friday et le Cyber Monday, sous l’effet d’une forte pression publicitaire. Pour évaluer l’impact réel de l’initiative, les PME sont invitées à suivre des indicateurs précis, comme l’engagement des publics, la fréquentation ou la fidélisation, et à communiquer de manière transparente sur les résultats obtenus.

En se positionnant à contre-courant de la logique promotionnelle dominante, le Green Friday apparaît comme un outil de différenciation durable pour les PME, conciliant enjeux économiques, environnementaux et sociaux.

Nos derniers articles